La police grecque a annoncé vendredi avoir démantelé avec le soutien d'Europol deux réseaux de passeurs qui, au départ d'Athènes, coopéraient pour acheminer des migrants dans l'UE, tandis que 65 réfugiés et migrants venant de Turquie ont été interceptés au large de la Crète.
A l'issue d'une enquête de plusieurs mois menée dans le cadre du programme européen Empact de lutte contre le crime organisé international, 16 ressortissants étrangers résidant à Athènes ont été arrêtés mercredi, dont les chefs présumés des gangs, un Bangladais et un Syrien.
La police portuaire a par ailleurs indiqué avoir intercepté à l'aube au large des côtes sud-est de la Crète, une vedette dirigée par deux passeurs présumés, un Ukrainien et un Egyptien et transportant 65 Syriens, Afghans et Pakistanais, qui ont été provisoirement accueillis dans le port crétois de Sitia.
Dix-sept enfants, le plus petit âgé de neuf mois et deux femmes enceintes figuraient parmi les passagers, qui ont affirmé venir des côtes turques. La police portuaire ne pouvait pas préciser si le bateau était en route vers l'Italie, ou avait choisi cet itinéraire pour gagner la Grèce en évitant les patrouilles de l'Otan déployées plus au nord sur la façade égéenne.
A Athènes, une instruction a été ouverte contre les suspects arrêtés -- huit Bangladais, six Soudanais, un Pakistanais et un Syrien-- pour appartenance à une organisation criminelle, trafic de migrants, faux et usage de faux. Quarante-huit autres personnes résidant en Grèce, tous des étrangers, et 51 complices présumés résidant dans divers autres pays sont recherchés.
Selon la police, les deux groupes coopéraient pour acheminer en Grèce des migrants dotés de faux papiers puis les envoyer dans d'autres pays européens, notamment l'Autriche, la Suède, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la République tchèque et la France. Trois et quatre complices présumés ont respectivement été arrêtés dans ces deux derniers pays, précise le communiqué.
Actifs depuis au moins deux ans, avec des tarifs variant selon les services offerts de 100 à 5.000 euros par client, ces passeurs utilisaient des agences de courrier rapide pour envoyer aux candidats à l'entrée en Europe les documents faux ou volés, et les billets d'avion requis.
Ce coup de filet intervient alors que la fermeture depuis mars des frontières européennes à l'exode de populations fuyant guerres et misère a redonné selon les experts du tonus au trafic de migrants au départ de la Grèce, endémique depuis des années au vu de la situation géographique du pays, aux confins de l'UE.
Selon un expert sécuritaire européen, Athènes est devenue depuis une dizaine d'années "un supermarché international de faux documents". De nombreux témoignages de migrants et réfugiés confirment la facilité de trouver des passeurs vers le reste de l'Europe, tant à Athènes qu'aux frontières nord du pays, avec la Macédoine et la Bulgarie.
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Grèce : la police démantèle démantèle deux réseaux de passeurs, intercepte 65 migrants au large de la Crète
AFP / le 27 mai 2016 à 15h16


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