Novak Djokovic a récemment montré des signes de fragilité. Péripéties ou prémices de déboires à venir ? Philippe Lopez/AFP
Boucler enfin le grand chelem en carrière pour l'un, égaler le record de titres majeurs pour l'autre : Novak Djokovic et Serena Williams tenteront de relever à Roland-Garros des défis qui changeraient leur place dans l'histoire du tennis.
Les n° 1 mondiaux n'en sont pas à leur premier essai. Titulaire des trois autres levées du grand chelem depuis 2011, le Serbe a déjà échoué à quatre reprises dans sa tentative pour compléter sa collection à Paris, dont trois fois en finale (2012, 2014 et 2015). L'an passé, alors qu'il avait enfin terrassé Rafael Nadal en quarts de finale, il s'est crispé au moment de saisir la Coupe des Mousquetaires, laissée au Suisse Stan Wawrinka, lequel est, depuis, rentré dans le rang.
Sur les épaules de Djokovic, qui a fêté ses 29 ans hier, la pression est donc colossale. Même s'il affirme le contraire – « je suis là encore pour de longues années et j'aurai d'autres chances à Paris », a-t-il dit en substance en préambule au tournoi –, il ne peut pas ignorer qu'en tennis le déclin arrive souvent sans prévenir et que les occasions manquées parfois ne se représentent pas.
Signes de fragilité
Est-ce la raison pour laquelle il est apparu de plus en plus nerveux au fil de la préparation sur terre battue ? On l'a vu agacé, contre l'arbitre et contre lui-même, en finale à Rome, où Andy Murray l'a dominé dimanche dernier.
Auparavant, on avait déjà noté des signes de fragilité, même en ne tenant pas compte de sa défaite d'entrée à Monte-Carlo contre le 55e mondial, survenue après une tournée américaine triomphale (Indian Wells, Miami) et exténuante. Cette gifle (6-0) encaissée à Rome contre Thomaz Bellucci (avant de gagner), ces difficultés face à Kei Nishikori à Madrid et à Rome, et surtout cette défaite contre Murray, une première sur terre battue, n'étaient-elles que des péripéties ou les prémices de déboires à venir ?
En tout cas, le contexte apparaît plus difficile pour lui que la saison dernière car la concurrence a haussé le ton. Ils sont cette année trois à partager presque à parts égales le statut de favori : Djokovic, Nadal et Murray. L'Espagnol, vainqueur de son premier titre important depuis deux ans à Monte-Carlo à la mi-avril, s'est rapproché de son meilleur niveau et vise un dixième sacre à Roland-Garros, où il fêtera ses 30 ans le 3 juin. L'exploit serait unique car personne, ni chez les hommes ni chez les femmes, n'a jamais gagné aussi souvent un tournoi du grand chelem.
La vie sans Federer
Andy Murray a franchi un palier sur terre battue, une fois remis des émotions de sa première paternité au mois de février. Demi-finaliste à Monte-Carlo, finaliste à Madrid, sacré à Rome, vainqueur de Nadal en Espagne et de Djokovic en Italie, l'Écossais, âgé de 29 ans, n'a jamais abordé le tournoi parisien en aussi bonne position. Et le tirage au sort l'a isolé dans la partie inférieure du tableau, alors que les deux autres cadors devraient s'affronter dès les demi-finales.
Chez les messieurs, l'édition 2016 a déjà une place à part, car c'est la première épreuve du grand chelem à laquelle Roger Federer ne participe pas depuis 1999. Souffrant du dos, le Suisse s'est résigné à figer à 65 son record des tournois majeurs disputés d'affilée.
De son côté, elle pourrait rester dans l'histoire chez les femmes si Serena Williams, tenante du titre, égale le record des 22 trophées en grand chelem de Steffi Graf (dans l'ère Open, c'est-à-dire depuis 1968, le record absolu appartenant à l'Australienne Margaret Court-Smith avec 24 trophées). L'Américaine, âgée de 34 ans, en sera à sa troisième tentative après ses échecs inattendus à l'US Open 2015 dès les demi-finales, contre l'Italienne Roberta Vinci, puis à l'Open d'Australie 2016 en finale, face à l'Allemande Angelique Kerber.
Contrairement à Novak Djokovic, la n° 1 mondiale, victorieuse le week-end dernier à Rome du 70e tournoi de sa carrière, n'a guère d'adversaire à sa mesure, si ce n'est Victoria Azarenka, qui l'a battue à Indian Wells cet hiver et qu'elle retrouvera dès les quarts de finale à Paris. Mais la Bélarusse, âgée de 26 ans, a subi une baisse de forme sur terre battue et Roland-Garros est le tournoi majeur qui lui a le moins réussi pour le moment (une demi-finale en 2013).
(Source : AFP)
Résultats de la 1re journée
Les matches programmés hier, dans le cadre de la 1re journée du tournoi de Roland-Garros, ont été reportés à aujourd'hui en raison de la pluie. Seules 10 des 32 rencontres de cette journée inaugurale ont été menées à terme.
Simple messieurs – 1er tour :
Andrey Kuznetsov bat Benjamin Becker 6-2, 6-2, 6-4
Nick Kyrgios (n° 17) bat Marco Cecchinato 7-6 (8/6), 7-6 (8/6), 6-4
Igor Sijsling bat Adrian Ungur 6-1, 6-2, 7-6 (7/5)
Teymuraz Gabashvili bat Donald Young 7-6 (7/1), 6-2, 6-3
Benoît Paire (n° 19) bat Radu Albot 6-2, 4-6, 6-4, 1-6, 6-4.
Simple dames – 1er tour :
Su-Wei Hsieh bat Lara Arruabarrena 7-6 (8/6), 6-3
Petra Kvitova (n° 10) bat Danka Kovinic 6-2, 4-6, 7-5
Anastasia Pavlyuchenkova (n° 24) bat Sara Sorribes 6-2, 6-0
Viktorija Golubic bat Alison Riske 6-2, 1-6, 6-2
Lucie Safarova (n° 11) bat Vitalia Diatchenko 6-0, 6-2.


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