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Nos lecteurs ont la parole - Fadi Assaf

Paradis perdus

Les Libanais ont la mémoire sélective. De leur histoire, y compris la plus récente, et même de l'actualité qui se déroule sous leurs yeux et à laquelle ils assistent passifs pour la plupart, ils ne voient et ne retiennent que ce que leurs sentiments leur signalent. Leur histoire est floue, et ils s'en accommodent au nom de leur droit à l'oubli et de leur volonté à survivre. Mais pour l'histoire individuelle, celle des personnes, des familles, des communautés, des quartiers, il suffit de gratter un peu pour que ressortent les détails les plus inavouables et les mieux protégés...
Faute de convenir d'un plus petit dénominateur historique commun, les Libanais entretiennent les mythes d'une histoire nationale sur mesure, maniable à souhait, où les sentiments dénaturent les faits. Mais, sur un plan personnel, chacun possède son histoire et qu'il n'est prêt à partager qu'avec ceux qui en ont une de similaire ou de très proche. Une sorte de cloisonnement historique qui dépasse le cloisonnement culturel, communautariste, politique, social. Paradis perdus est un exercice qui devait être fait afin de tenter de décloisonner cette histoire « communautaire », une simple histoire de personnes et de quartiers avant tout, avec l'espoir de provoquer un débat plus national.
Cet ouvrage, écrit par Josselin Monclar, un passionné d'un certain Liban, n'est pas destiné au seul public, désormais très restreint, d'un quartier (Achrafieh), d'une époque (une tranche précise de la guerre), d'une orientation culturelle (francophone). À travers cet échantillon de Libanais, parfaitement bien identifiés, culturellement, politiquement et géographiquement même, Paradis perdus se pose la question de savoir si l'histoire du Liban n'était finalement que la somme de ces petites histoires de personnes, de quartiers, de communautés... D'ailleurs, quel mal y aurait-il de renoncer à rechercher ce « plus petit dénominateur commun » qui empêche les Libanais d'avoir un même livre d'histoire et de tenter de faire la somme de ces petites histoires libanaises, même celles qui fâchent...
Par la polémique qu'il suscite, l'auteur de cet « hommage au Liban », tel que le décrit Denis Tillinac dans sa préface de Paradis perdus, aura le mérite de désenclaver déjà une partie, aussi limitée fut-elle, de l'histoire des communautés libanaises...

Les Libanais ont la mémoire sélective. De leur histoire, y compris la plus récente, et même de l'actualité qui se déroule sous leurs yeux et à laquelle ils assistent passifs pour la plupart, ils ne voient et ne retiennent que ce que leurs sentiments leur signalent. Leur histoire est floue, et ils s'en accommodent au nom de leur droit à l'oubli et de leur volonté à survivre. Mais pour l'histoire individuelle, celle des personnes, des familles, des communautés, des quartiers, il suffit de gratter un peu pour que ressortent les détails les plus inavouables et les mieux protégés...Faute de convenir d'un plus petit dénominateur historique commun, les Libanais entretiennent les mythes d'une histoire nationale sur mesure, maniable à souhait, où les sentiments dénaturent les faits. Mais, sur un plan personnel, chacun possède...
commentaires (6)

Tout ça à cause de la Campagne qui s'est mise à "investir" la Ville sans aucune vergogne !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

09 h 56, le 24 mai 2016

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Commentaires (6)

  • Tout ça à cause de la Campagne qui s'est mise à "investir" la Ville sans aucune vergogne !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 56, le 24 mai 2016

  • FAYNIK YIA BEYROUTH TABA3 IYEM IL KHEIR...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 18, le 23 mai 2016

  • Rézzzâllâh aussi avec toutes mini-jupes et ces belles.... "Voitures" américaines !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 48, le 21 mai 2016

  • L,HISTOIRE D,UN PAYS C,EST L,ADDITION DES HISTOIRES DE TOUTES SES COMMUNAUTES... ELLES FONT UN TOUT !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 10, le 21 mai 2016

  • Nayla RACHED (Magazine) : "Mais, après tout, ce qui se dit dans le livre serait ce qui se dit encore, d’une manière peut-être plus virulente, autour d’un repas dominical qui rassemble toute la famille ! Il ne faut donc, certes pas se voiler la face et se leurrer. Mais ce retour au passé, s’il se veut vrai purificatoire, ouvert et conscient des erreurs, se doit d’aller vers le Non-confessionnel, le Non-communautaire et le Non-clanique. Seule planche de salut qui reste pour le pays.... Qui pourrait commencer par une désacralisation et individuelle et du système familial ; et celle des « clans familiaux » qui, tout en prodiguant (soi-disant) « amour et affection », érigent une pensée unique." ! Tout est dit. Merci, Nayla RACHED.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 21, le 21 mai 2016

  • Yâ harâââm yâ Séééhhtél-Béréj wéll RIVOLI au fond de l'image ! Rézzzâllâh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 10, le 21 mai 2016

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