Le FMI doute notamment de l’objectif d’excédent budgétaire primaire de 3,5 % du PIB en 2018 fixé par les Européens. Mandel Nigan/AFP
Les Européens doivent accorder à la Grèce une « longue » période de grâce sur sa dette et assigner au pays des objectifs budgétaires « réalistes » afin de restaurer la viabilité de ses finances publiques, a affirmé le FMI hier.
« Il est possible de rétablir la viabilité de la dette sans "haircut" (effacement des créances) mais cela implique d'accorder des prêts à des conditions très concessionnelles, notamment par une longue période de grâce et de maturité, et de très bas taux d'intérêt », a assuré le porte-parole du FMI Gerry Rice lors d'une conférence de presse. Il a toutefois refusé de donner plus de détails alors que des médias ont récemment affirmé que le FMI exhortait les Européens à suspendre tout remboursement par Athènes jusqu'en 2040.
Ce vaste effort d'allègement de la dette fait partie des conditions posées par le FMI pour participer financièrement au nouveau plan d'aide conclu l'été dernier entre Athènes et la zone euro. Mais de nombreux pays européens s'y opposent, à l'image de l'Allemagne. Un document du ministère des Finances allemand consulté hier par l'AFP indiquait ainsi que le Berlin considérait qu'un éventuel allègement de la dette grecque n'aurait lieu qu'à partir de 2018, une fois le programme d'aide actuel achevé et les élections législatives en Allemagne passées.
Européens et Grecs, en divergence depuis plusieurs mois, doivent se retrouver le 24 mai pour une nouvelle réunion qui pourrait déboucher sur un accord et le déblocage de nouveaux prêts. Malgré cette perspective, le FMI a assuré être « toujours en train » d'évaluer la faisabilité des réformes exigées à Athènes en échange de la reprise de l'aide et a de nouveau exhorté les Européens à fixer des objectifs budgétaires « réalistes ». Le FMI doute notamment de l'objectif d'excédent budgétaire primaire (hors charge de la dette) de 3,5 % du produit intérieur brut en 2018 fixé par les Européens, assurant que cela impliquerait de mesures d'austérité trop douloureuses.
(Source : AFP)


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