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Sport - Football - Fifa

L’instance suprême veut redorer son image

Fatma Samba Diouf Samoura, une Sénégalaise diplomate à l'Onu, a été nommée au poste de secrétaire générale.

Fan de Karl-Heinz Rummenigge et Roger Milla, Fatma Samoura est la nouvelle n° 2 du football mondial, où elle va apporter 21 ans d’expérience de gestion de crises au sein de l’Onu, de l’Afghanistan au Nigeria en passant par le Darfour. Derrière ses yeux verts – « des lentilles de couleur, une coquetterie », explique un de ses proches –, cette Sénégalaise de 54 ans a une poigne de fer. Stéphane de Sakutin/AFP

La Fifa, qui a désespérément besoin de redorer son image, a nommé vendredi au poste de secrétaire générale une femme, issue du continent africain et diplomate à l'Onu, pour mener les indispensables réformes, mais celle-ci arrive sans expérience du monde du sport.
Un an après le déclenchement du pire scandale de l'histoire de la Fifa, la tâche de la Sénégalaise Fatma Samba Diouf Samoura, âgée de 54 ans dont 21 au sein des Nations unies, s'annonce difficile avec des tensions qui apparaissent déjà. Diplômée en langues à Lyon et en relations internationales à Strasbourg, Mme Samoura, première femme secrétaire générale de la Fifa, a occupé divers postes de responsabilité pour le Programme alimentaire des Nations unies au Cameroun, à Madagascar ou à Djibouti. La nomination d'une femme dans un univers extrêmement masculin et qui n'a encore aucune expérience d'une grande organisation sportive peut surprendre. Mais pour Gianni Infantino, le président de la Fifa élu en février, elle est « la personne la plus compétente pour diriger l'administration de la Fifa. Son CV parle pour elle et, en plus, elle aime le football, comme son mari ».
La Sénégalaise veut « aider le football à retrouver son image, écornée par les scandales », a-t-elle expliqué samedi. « La Fifa, ce sont les Nations unies du football, et j'apporte mes 21 ans d'expérience dans le privé et à l'Onu en termes de bonne gouvernance, de transparence et d'obligation de rendre compte, aussi bien au niveau des fédérations qu'à celui de la Fifa », a-t-elle poursuivi.

Un chantier compliqué
Actuellement en poste à Abuja, au Nigeria, elle succédera à la mi-juin au Français Jérôme Valcke, écarté de ses fonctions en septembre, licencié puis suspendu 12 ans par la Fifa, notamment pour son implication dans un trafic de billets pour le Mondial 2014 au Brésil.
Presque un an après les arrestations à Zurich (Suisse) de plusieurs hauts responsables du football mondial, à la demande de la justice américaine, prémices du plus gros scandale de l'histoire centenaire de la Fifa, Mme Samoura va devoir mener un chantier compliqué : mettre en application les réformes adoptées en février et qui promettent plus de transparence et d'intégrité, ainsi qu'une meilleure gouvernance.
Pour le Sud-Africain Tokyo Sexwale, ancien candidat à la présidence de la Fifa, « la question n'est pas tant que Mme Samoura soit africaine ou une femme, mais surtout qu'elle soit compétente. Elle a travaillé au sein du système des Nations unies et elle comprend ce qu'on demande à un responsable de ce niveau ». « De plus, sa nomination envoie un message fort selon lequel la Fifa est sensible à l'égalité hommes-femmes et à la diversité », ajoute-t-il.
Pour l'Australienne Moya Dodd, membre du conseil de la Fifa, que la nouvelle n° 2 n'ait aucune expérience du monde du football n'est pas un handicap car « la Fifa est une organisation aux nombreuses dimensions et elle apporte des dimensions qui n'existent pas aujourd'hui à la Fifa ».

Déjà une démission
Mais même si Infantino veut croire que « la crise est finie », le chantier est immense. Outre les enquêtes des justices américaine et suisse qui se poursuivent, des tiraillements apparaissent déjà.
Ainsi, le président de la commission d'audit et de conformité, Domenico Scala, a claqué la porte samedi, après l'adoption par le congrès réuni à Mexico d'un amendement qui transfère au gouvernement de la Fifa le pouvoir de nommer ou démettre les membres de plusieurs commissions qui ont joué un rôle essentiel dans la suspension notamment de Sepp Blatter et Michel Platini, « ce qui prive ces organes de leur indépendance » et « détruit l'un des acquis essentiels de la réforme ».
« Mauvaise interprétation de l'objectif de la décision prise par le congrès », a rétorqué la Fifa via un communiqué, en affirmant que le but est seulement de pouvoir remplir, et de façon intérimaire, les postes vacants dans ces commissions afin que celles-ci puissent entrer immédiatement en action et de pouvoir immédiatement exclure les membres de ces commissions qui « auraient violé leurs obligations ».
(Source : AFP)

Le Kosovo et Gibraltar admis
Le congrès de la Fifa, qui s'est clôturé vendredi soir à Mexico, a admis le Kosovo et Gibraltar comme 210e et 211e membres, leur permettant de disputer les qualifications pour le Mondial 2018 en Russie. Toutefois, la question de l'éligibilité des joueurs va se poser. Concernant le Kosovo, les joueurs d'origine kosovare comme l'international suisse Xherdan Shaqiri pourront-ils porter ce nouveau maillot au risque de dépeupler la « Nati » ? La réponse, examinée au cas par cas, reviendra ensuite à la commission du statut des joueurs de la Fifa. En outre, les représentants des 209 fédérations mondiales ont également approuvé le budget pour la période 2015-2018, qui leur garantit une augmentation sensible des aides au développement qui leur sont versées et qui passeront de 400 000 dollars actuellement à 1,25 million de dollars.

Adidas ne lâche pas la Fifa
Adidas va rester un partenaire privilégié de la Fifa malgré les accusations de corruption autour de l'attribution de la Coupe du monde 2006 à l'Allemagne, a assuré hier le président du conseil de surveillance du groupe allemand. « Si vous voulez vendre des articles de sport, il faut avoir de bonnes relations avec les clubs et les associations », a expliqué Igor Landau dans le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. « Nous regrettons ce qui s'est passé à la Fifa, mais nous avons la conscience tranquille. Adidas n'est pas du tout impliqué dans ces scandales. Nos relations sont propres. Nous avons examiné chacun de nos accords, tout est solide », a-t-il ajouté.
Adidas, dont le contrat avec la Fifa expire en 2030, est l'un des sponsors principaux de l'instance dirigeante du football mondial depuis plus de 40 ans.

La Fifa, qui a désespérément besoin de redorer son image, a nommé vendredi au poste de secrétaire générale une femme, issue du continent africain et diplomate à l'Onu, pour mener les indispensables réformes, mais celle-ci arrive sans expérience du monde du sport.Un an après le déclenchement du pire scandale de l'histoire de la Fifa, la tâche de la Sénégalaise Fatma Samba Diouf Samoura, âgée de 54 ans dont 21 au sein des Nations unies, s'annonce difficile avec des tensions qui apparaissent déjà. Diplômée en langues à Lyon et en relations internationales à Strasbourg, Mme Samoura, première femme secrétaire générale de la Fifa, a occupé divers postes de responsabilité pour le Programme alimentaire des Nations unies au Cameroun, à Madagascar ou à Djibouti. La nomination d'une femme dans un univers extrêmement...
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