« Les banques libanaises, présentes dans 33 pays, font partie du système bancaire mondial et en respectent toutes les règles », a déclaré l'Association des banques du Liban. Photo P. H. B.
L'Association des banques du Liban (ABL) a salué les mesures prises par les autorités libanaises et la Banque du Liban (BDL) pour protéger le secteur bancaire libanais dans un communiqué publié samedi à l'issue d'une réunion consacrée à l'impact des sanctions américaines contre le Hezbollah. « L'ABL est satisfaite des avancées réalisées par le Liban pour soigner la réputation de son secteur bancaire à l'étranger » a déclaré l'association en faisant référence aux « quatre lois votées par le Parlement pour accorder la législation libanaise avec la règlementation internationale. »
L'ABL a également relevé « les efforts déployés par le ministre des Finances (Ali Hassan Khalil) et le Parlement pour permettre l'envoi d'une délégation parlementaire aux États-Unis afin de discuter avec les autorités américaines des moyens de protéger le secteur financier libanais ». L'association a ensuite évoqué les mesures prises par « les autorités financières et monétaires » pour préserver le secteur bancaire en s'adaptant notamment « aux exigences du Groupe d'action financière (Gafi) » en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. L'ABL a enfin estimé que « l'application par les banques de la législation nationale et de la règlementation internationale, y compris l'application des sanctions (américaines contre le Hezbollah) est une des conditions nécessaires pour protéger les intérêts du Liban ». « Les banques libanaises, présentes dans 33 pays, font partie du système bancaire mondial et en respectent toutes les règles », a conclu l'association.
Cette déclaration intervient deux jours après que le bloc parlementaire de la Fidélité à la résistance regroupant 14 députés liés au Hezbollah a accusé la BDL « de contribuer à attiser la guerre d'élimination lancée par les États-Unis contre le Hezbollah. » Le groupe visait notamment deux circulaires de la BDL (n° 317 et n° 420) émises le 3 mai afin de définir les modalités d'application par les banques des sanctions américaines – le Hezbollah International Financing Prevention Act of 2015 adopté le 16 décembre dernier – contre le parti chiite et ses soutiens financiers. Le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan – lui-même membre du groupe parlementaire – avait déclaré le même jour en Conseil des ministres que les banques avaient « franchi la ligne rouge » après la clôture des comptes de deux députés du Hezbollah par les établissements bancaires qui les hébergeaient.
Depuis quelques mois, les autorités libanaises ont adopté plusieurs mesures pour adapter la législation libanaise aux exigences internationales en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Le 13 novembre 2015, les députés libanais avaient voté trois lois permettant de répondre aux exigences du Gafi ainsi qu'à celles du Forum mondial. Le premier texte élargit le crime de blanchiment d'argent pour notamment y inclure l'évasion fiscale, le deuxième exige la déclaration des espèces aux douanes lors de transports transfrontaliers et le troisième permet l'échange intergouvernemental d'informations fiscales sur demande en cas de soupçons sérieux d'évasion fiscale. Le Parlement avait ratifié la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme de 1999 lors de la même séance. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a enfin annoncé mercredi que le Liban s'était engagé à appliquer l'échange automatique d'informations fiscales dès septembre 2018.

