Ces élections municipales ont prouvé encore une fois que « c'est bien le peuple qui délaisse la liberté, et non pas le tyran qui la lui prend » (Étienne de La Boétie). Avec un taux de participation de 20 %, une majorité de Beyrouthins et de Beyrouthines ont laissé tomber leur ville. Et l'on se souvient de George Orwell : « Un peuple qui élit des corrompus, des imposteurs, des voleurs... n'est pas victime : il est complice. »
Ce faisant, ou plutôt ce « ne faisant pas », cette abstention mortifère doublée des votes qui ont consacré l'establishment médiocre ambiant, les Libanais ont consacré l'inaptocratie : un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire, et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continue.
Nous n'avons plus le droit de nous plaindre puisque Beyrouth Madinati, malgré un score honorable de 40 %, était une chance unique d'en finir avec les politiciens libanais de couleurs régionales religieuses et confessionnelles de tous bords et d'éradiquer la corruption.
Alea jacta est. Dans quelques mois, le bilan des élus sortira. Nous prions, en un dernier sursaut de désespoir, pour que nous ayons tort et qu'une révolution pure et douce soit enfantée par les électrons libres de Beyrouth Madinati.
Dounia MANSOUR ABDELNOUR


"Nous prions, en un dernier sursaut de désespoir, pour que nous ayons tort et qu'une révolution pure et douce soit enfantée par les électrons libres de Beyrouth Madinati." ! Ça c'est bien dit ! Et que revive Bâïyroûth Mâdînâtî !
07 h 56, le 14 mai 2016