Imaginons. Imaginons-nous à New York, à Singapour, à Sydney, à Paris, à Londres, à Montréal. C'est beau de s'imaginer là-bas. Là-bas où l'herbe semble plus verte. Où les salaires sont meilleurs, où la vie est plus facile. Imaginons ces songes d'espoir et d'avenir. Cet exil nécessaire afin de payer les études des enfants, acheter une maison, s'assurer une retraite confortable dans son pays d'origine. Chez soi. Imaginons ce à quoi beaucoup de Libanais(es) rêvent. Partir. Retrouver la famille en Amérique du Sud ou en Australie, en France ou au Canada. Avoir enfin un boulot respectable. Ne pas se taper des heures de route, dans la chaleur. Avoir de l'électricité, de l'eau. Avoir des droits, des élections sans infractions, un système incorruptible, un président de la République, un Internet plus rapide, un réseau téléphone pas cher.
Imaginons-les, à leur tour, tous ces gens venus du Sri Lanka, des Philippines, d'Éthiopie, de Madagascar, du Ghana ; eux et leurs rêves d'ailleurs, leurs rêves de meilleur. Comme nous et nos envies de partir, ils ont fait le pas. Un pas pour vivre mieux, gagner plus, dans de meilleures conditions. Pour ne pas se taper des heures de marche, sous le soleil. Pour avoir ce boulot respectable qu'on leur a promis. Pour retrouver une sœur ou un frère déjà installé au Liban. Pour avoir un rationnement d'électricité plus normal que l'extinction des feux à 19 heures. Pour pouvoir envoyer ses enfants à l'école, construire un toit, s'assurer une retraite confortable dans son pays d'origine.
Imaginons maintenant, nos rêves et les leurs... mais dans leurs conditions. Arriver dans cet eldorado qu'on attendait tant. Arriver à l'aéroport et être accueillis différemment que les autres passagers. Être mis en groupe avec d'autres « travailleurs » qui n'ont pas la même nationalité, mais parce qu'ils vont faire le même boulot – normalement. Imaginons-nous donc (nous, yallé cheyfin 7alna) avec des travailleurs italiens, syriens, ougandais, français, qui ne parlent pas un mot d'anglais eux non plus. Imaginons-nous alors, débarquant chez notre patron qui penserait qu'en nous parlant en petit nègre, on comprendrait quelque chose et qui, au bout de 5 minutes d'exaspération, se mettrait à nous hurler dessus. Imaginons tout ça un seul instant. Notre passeport confisqué, pas de jour off pendant les 3 premières années. La porte qui se ferme à double tour quand ce sympathique employeur américain va passer quelques jours aux Hamptons ; quand il ne nous y prend pas avec lui, sous un soleil de plomb, pour courir après ses sales gamins qui nous donnent des coups de pied, pendant que lui se remplit la panse de hot dogs, le tout arrosé d'un Gin Basil. Imaginons-nous un seul instant, avec un salaire de merde qu'on nous justifie par un « oui mais chez vous, ça fait beaucoup en livres libanaises », tandis qu'un autre employé, qui bosse quant à lui 6 heures par jour, versus nos 18 heures, gagne bien plus... juste parce qu'il est américain. Juste pour ça. Imaginons tout ça un seul instant. Une employeuse qui nous gifle parce qu'on a pris deux rendez-vous à la même heure, dans le même genre que la blouse mal repassée. Imaginons qu'on soit obligés de boire de l'eau de robinet parce que l'eau minérale est trop chère pour nous, de ne manger qu'une fois par jour, d'avoir un cagibi en guise de bureau ou de chambre plutôt. Et évidemment, imaginons toutes les horreurs dont on entend parler tous les jours. Qu'on lit parfois dans la rubrique « faits divers » (quand il semble bon de la publier).
Et même si (heureusement), il y a des gens biens (beaucoup de gens biens), mettons-nous un instant à leur place. Et pas seulement un instant. Changeons cette loi pourrie qui va à l'encontre des droits de l'homme et de tout entendement. Maintenant qu'on sait, qu'on peut changer certaines choses.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
POURQUOI PAS ICI MADAME ? LES MOUTONS SUIVISTES QUE SONT-ILS SINON DES ESCLAVES... ET ILS BELENT ET SONT IDIOTEMENT HEUREUX DE LE FAIRE... TOUT EN ACCUSANT LES SAINS D,ESPRIT A LEUR PLACE...
20 h 12, le 15 mai 2016