En vente dans la banlieue sud. Pour ceux qui n’ont d’yeux que pour Hassan Nasrallah. Patrick Baz/AFP
À l'occasion de la Journée des blessés, le secrétaire général du Hezbollah a expliqué dans un discours les règles sur lesquelles s'est basé son parti dans les élections municipales : « Aucune alliance avec ceux qui nous critiquent, aucune confrontation avec nos alliés et aucun engagement envers les alliés de nos alliés qui nous critiquent. » Il a précisé que ces règles sont valables pour toutes les étapes de l'opération électorale.
Hassan Nasrallah a remercié les électeurs de Baalbeck-Hermel et de la Békaa pour leur fidélité en élisant les listes conjointes Amal-Hezbollah là où il y en avait, précisant toutefois que ceux qui sont sur les listes rivales ne sont pas des ennemis ou des adversaires. « Nous considérons comme nos ennemis ceux qui nous considèrent eux-mêmes comme les leurs. »
Il a félicité ceux qui ont contribué à la réussite de la première étape de ce scrutin, ayant une mention particulière pour l'armée et les combattants de la résistance « dont les sacrifices ont permis de mener à son terme l'opération électorale et ont contribué à instaurer une atmosphère de calme ». Il a aussi promis que les candidats du Hezbollah qui ont été élus seront au service de tous, et non pas seulement au service des partisans.
Selon lui, ces élections ont à la fois une dimension ayant trait au développement et une autre politique. Il a expliqué que le Hezbollah a tenu à ce que ses alliances soient conformes à ses choix politiques. « Par respect pour nos partisans et en voulant être logiques, il n'y avait pas de raison que nous fassions des alliances avec ceux qui depuis des années ne cessent de nous attaquer. Nous avons voulu être conséquents avec nous-mêmes et avec nos partisans », a dit Hassan Nasrallah, qui a précisé que cette règle est valable dans toutes les régions. « Ce n'est pas une critique pour nos alliés, mais nous avons fait ce choix », a-t-il rectifié.
Il s'est ensuite empressé de dire que les alliés du Hezbollah sont libres de nouer les alliances qu'ils jugent utiles pour eux, affirmant que le Hezbollah est engagé auprès de ses alliés et de ses amis, mais qu'il n'a aucun engagement envers les alliés de ces derniers. Il a ainsi clarifié la position de son parti à l'égard des Forces libanaises ou des Kataëb, même si ces partis se sont alliés au CPL, lui-même allié du Hezbollah.
Après l'énumération de ces règles, le secrétaire général a fait quelques commentaires sur le déroulement du scrutin. Au sujet de Beyrouth par exemple, il a expliqué que le Hezbollah a décidé de ne pas nouer une alliance avec un adversaire politique, le courant du Futur. Mais après cette décision, il s'est demandé s'il fallait appuyer la liste adverse ou en former une autre. Il a finalement choisi de ne pas former de liste ni d'appuyer la liste rivale d'abord parce qu'il ne veut pas être en confrontation avec ses alliés et ensuite parce que cela aurait entraîné une campagne féroce, confessionnelle, alors que le Hezbollah fuit les polémiques internes préférant se concentrer sur la vraie guerre contre les terroristes. À Zahlé, le Hezbollah n'a présenté aucun candidat et son objectif n'était pas d'être présent au conseil municipal de Zahlé. Il aurait préféré que ses alliés et amis soient dans une même liste. Mais cela ne s'est pas fait. Le Hezbollah a donc partagé ses voix pour soutenir ses alliés, en se basant sur des considérations morales et politiques. Tout en précisant qu'avec le général Aoun et le chef du CPL, Gebran Bassil, il n'y a aucun malentendu, il a répondu à certaines critiques formulées par des membres du CPL.
Au sujet du scrutin du Mont-Liban, il a rappelé que le Hezbollah a formé des listes avec ses alliés notamment le CPL ayant pour titre « Les listes du développement et de la réforme », dans la banlieue sud, et a annoncé qu'il dressera un bilan détaillé de ce scrutin dans son discours du 25 mai à l'occasion de la fête de la Libération et après les élections au Sud.
L'État islamique
Sur le plan de la politique générale, Hassan Nasrallah a fait un rapprochement entre la Nakba du 15 mai 1948 qui a donné naissance à l'entité israélienne grâce, selon lui, à un plan britannique, et ce qui se passe aujourd'hui avec la création par les Américains et leurs alliés de l'État islamique (EI) pour combattre l'Iran, l'Irak, la Syrie et l'esprit de la résistance. Il a toutefois précisé qu'il y a dans la région des groupes pleins de détermination et de foi qui veulent déjouer le plan américain. C'est pourquoi la Nakba de 1948 ne se reproduira pas.
Il a aussi évoqué les derniers attentats en Irak, assurant que lorsque Daech perd sur les fronts militaires, il riposte en lançant des attentats contre les populations, en Irak et en Syrie. Hassan Nasrallah a critiqué ceux qui affirment que les États-Unis n'ont rien à voir avec Daech, sous prétexte que la situation leur a échappé, se basant sur une déclaration de la candidate à l'investiture démocrate à la présidence, Hillary Clinton, datant du 25 août 2009, alors qu'elle était secrétaire d'État devant le Congrès. « Nous devons nous rappeler que ceux avec lesquels nous avons des problèmes (el-Qaëda), nous les avons financés pendant des années dans notre guerre contre les Soviétiques en Afghanistan. Ce que nous avons semé, nous aurions dû le récolter. Au lieu de cela, nous avons négligé ces pays », avait-elle dit.
Selon Hassan Nasrallah, l'Iran, la Syrie, l'éveil populaire et la conscience de la résistance en Syrie et en Irak sont aujourd'hui dans le collimateur des États-Unis parce qu'ils veulent redonner à la « oumma » sa dignité et refusent d'accepter l'occupation israélienne. Ils ont essayé de les combattre directement au Liban en 2006, en Palestine à Gaza et ailleurs. Ils ont échoué. Ils ont donc décidé de revenir au vieux plan utilisé pour combattre les Soviétiques en introduisant dans la région les groupes barbares ainsi que le feu de la discorde. Les « moujahidine » du monde ont donc été amenés dans la région, en Syrie et en Irak.
Le secrétaire général a aussi cité les propos d'un général américain à la retraite, Wesley Clark, dans un entretien accordé à la chaîne CNN le 6 mai, dans lequel il a affirmé que Washington et ses alliés ont créé Daech pour affronter le Hezbollah. Washington a même contribué à la diffusion des crimes de Daech (alors que la chaîne al-Manar est retirée des satellites) pour susciter la terreur chez les populations de la région et les pousser à céder à la volonté américaine, a déclaré le chef du Hezbollah.
En d'autres termes, après l'échec des objectifs de la guerre israélienne de 2006 contre le Hezbollah, l'EI a été créé pour continuer le travail d'une autre manière, selon lui.
Hassan Nasrallah s'est enfin adressé aux musulmans pour leur dire que la guerre dans la région n'est pas entre sunnites et chiites. Il s'agit de combattre des groupes introduits dans la région, tout comme cela s'est passé en 1948. Aux chrétiens en Orient, Nasrallah a conseillé de cesser de miser sur les Américains. Pour combattre les Soviétiques en Afghanistan, les Américains ont introduit el-Qaëda sans se soucier de ce qui arrivera aux populations du Pakistan et d'Afghanistan. Ils font la même chose aujourd'hui sans se soucier de ce qui arrivera aux chrétiens de la région et aux populations en général.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
LA MEME MENTALITE CHEZ SES PARTISANS... ILS SAVENT TOUT ! ILS ONT RAISON EN TOUT ! TOUS LES AUTRES ONT TORT ! MEME LEURS CONNERIES ILS GLORIFIENT COMME DES VERTUS...
20 h 27, le 15 mai 2016