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Campus

Deux jeunes Libanaises brillent aux simulations onusiennes de New York

National Model United Nations

Les deux étudiantes Géva Eid et Karen Kurban ont permis à l'Université Laval, l'institution
canadienne au sein de laquelle elles poursuivent leurs études supérieures, de remporter le prix de la « meilleure délégation » pour la troisième année consécutive.

13/05/2016

Cela fait plus de dix ans que la Lebanese American University (LAU) a introduit au Liban le concept MUN ou Model United Nations, répandu depuis les années cinquante à travers le monde. Ces simulations des conférences des Nations unies, qui visent à former les participants, souvent de jeunes étudiants, au monde de la diplomatie, leur permettent de revêtir le rôle de diplomates et de discuter de sujets d'actualité en œuvrant pour trouver des solutions aux problèmes du XXIe siècle. Depuis, le concept MUN a fait son chemin, la LAU ayant raflé des prix mondiaux lors de conférences interscolaires internationales, avant que l'Université Saint-Joseph et l'American University of Beirut ne commencent elles aussi à se prêter au jeu, de manière plus discrète. Le mois dernier, le président de la LAU, Joseph Jabra, prenait même la tribune de la prestigieuse assemblée générale des Nations unies à New York où l'université tenait l'une des plus grandes simulations regroupant des étudiants venus de 28 pays.
Il semblerait pourtant que les étudiants libanais réussissent à briller lors de ces simulations même quand ils participent hors des programmes organisés par les institutions libanaises. Récemment, deux jeunes étudiantes libanaises, qui poursuivent leurs études supérieures à l'Université Laval au Canada, ont pris part au concours international National Model United Nations (NMUN), à New York. Géva Eid et Karen Kurban ont ainsi permis à l'Université Laval de remporter le titre de « meilleure délégation » parmi les 5 000 étudiants venus de 400 universités pour prendre part au plus grand concours MUN. Les deux étudiantes ont dû pour cela représenter Cuba au sein du comité de l'Unicef, pour traiter de sujets comme le mariage des mineures, la protection des droits de l'enfant à l'ère du numérique, ou encore les droits des enfants indigènes de par le monde.
« Nous avons été très honorées de pouvoir remporter le titre de meilleure délégation qui revient ainsi à l'Université Laval pour la troisième année consécutive, raconte ainsi Géva Eid, qui poursuit actuellement un MBA en gestion pharmaceutique après des études en pharmacie à l'USJ. Il faut aussi dire que nous étions bien préparées. » « Cela fait depuis septembre que nous prenons part à des simulations plus locales et suivons des cours pour comprendre comment se déroulent les débats au sein des comités onusiens, précise-t-elle. Il y a des règles bien précises à suivre dans l'élaboration d'une résolution dans chaque comité. »
De son côté, Karen Kurban, qui a poursuivi des études en architecture intérieure à la NDU avant de partir au Canada pour obtenir un MBA en management de projet, met l'accent sur l'importance de réfléchir à des solutions aux problèmes mondiaux grâce à un échange avec des jeunes venus de par le monde et ayant des formations et une éducation très différentes. « C'est tout un portefeuille de solutions que l'on développe tout au long de cet exercice que l'on aborde comme un projet, dit-elle. Il est vrai que nous, nous représentions Cuba le temps de cet exercice qui a duré pendant plus d'une semaine, mais il s'agit de problèmes qui nous concernent à tous, même au Liban, où le mariage des mineures est toujours une triste réalité. »
« Au terme de ce long débat, nous pensons vraiment que le problème réside encore dans la perception qu'ont les parents de leurs filles, qu'ils voient comme un fardeau financier, ajoute Géva Eid. La solution serait donc d'habiliter les femmes et les jeunes filles, de les encourager à devenir plus actives en société, sans oublier le côté légal. Imposer un âge minimum pour le mariage, de manière progressive, 16 ans puis 18 ans, est également essentiel. Les hommes, quant à eux, doivent être sur les lignes de front aux côtés des femmes et des jeunes filles dans cette bataille. »
Les deux étudiantes qui étaient les seules Libanaises au sein de leur délégation ont, sur un autre plan, pu bénéficier du soutien de l'unique sponsor libanais pour cette édition de MUN-New York, la Fransabank, qui a couvert leurs frais de voyage et de participation, dans un geste de soutien aux étudiants libanais à l'étranger. « Nous sommes reconnaissantes du soutien que l'on a pu avoir et sans lequel notre exploit n'aurait pu être réalisé, confie Karen Kurban. C'est surtout les thèmes de renforcement du rôle des femmes, de l'éducation pour tous et du développement durable qui ont eu un écho favorable auprès de Dania Kassar, directrice marketing au sein du département de communication de la banque. Elle a ainsi estimé que la décision de nous sponsoriser concordait avec la démarche de responsabilité sociale de l'établissement. Il est vrai que nous suivons, Géva et moi, des projets de carrières très différents entre la pharmacie et l'architecture, mais cette expérience contribuera, on l'espère, à renforcer les idéaux selon lesquels la jeunesse est capable de transformer le monde dans lequel nous vivons. »

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