Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en juin a pris 1,57 dollar à 46,23 dollars sur le New York Mercantile Exchange. Louafi Larbi/Reuters
Les cours pétroliers sont nettement montés hier, finissant au plus haut de l'année après l'annonce inattendue d'un recul des réserves américaines, dans un marché toujours attentif à de multiples perturbations de la production dans le monde.
Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en juin a pris 1,57 dollar à 46,23 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), un niveau sans précédent depuis novembre. Au moment de la clôture du Nymex, le Brent prenait 2,08 dollars (4,57 %) à 47,60 dollars.
Les cours ont profité « de chiffres très étonnants » sur l'état de l'offre américaine, a souligné Matt Smith, de ClipperData.
Le département de l'Énergie (DoE) a fait état d'une baisse inattendue des réserves hebdomadaires de brut, de 3,4 millions de barils, alors que les experts interrogés par l'agence Bloomberg tablaient sur une légère progression, de 750 000 barils.
Surtout, le DoE « a annoncé l'exact contraire de l'American Petroleum Institute (API) qui avait tablé sur une hausse des stocks de brut comme de produits pétroliers » dans des estimations privées publiées la veille par cette fédération du secteur, a remarqué M. Smith. Cela porte le total des réserves américaines à 540 millions de barils.
Ces chiffres ont donné de l'allant à un marché pétrolier qui hésitait en début de séance, même s'il bénéficie toujours de diverses perturbations de la production dans le monde.
« Le marché est de plus en plus attentif aux risques sur l'offre », a résumé Phil Flynn, de Price Futures Group, évoquant « les problèmes persistants de production au Canada ».
Les feux de forêts autour de la ville de Fort McMurray continuaient d'avancer mardi et des conditions ont été imposées aux compagnies pétrolières avant un redémarrage de leurs activités qui pourrait au mieux prendre plusieurs jours, voire des semaines.
« À cela s'ajoute le Nigeria, où ont lieu plusieurs événements », a enchaîné M. Smith. « Après l'attaque d'une installation la semaine dernière, la production a encore reçu aujourd'hui le coup d'une fuite sur un oléoduc. »
Le géant pétrolier Royal Dutch Shell a indiqué hier avoir déclaré l'état de « force majeure » sur les exportations de brut du terminal nigérian de Bonny à la suite d'une fuite. Cela s'ajoute par ailleurs aux chiffres publiés la veille par Bloomberg, faisant état d'une chute de la production de pétrole du pays à moins de 1,7 million de barils par jour, soit à son plus bas niveau en 20 ans pour le premier producteur d'or noir en Afrique.
(Source : AFP)

