Tranchée sur le plan religieux, en attendant qu'une instance de recours récente au Vatican confirme ou révise le jugement prononcé, l'affaire Mansour Labaki, condamné par la Congrégation pour la doctrine de la foi pour crimes sexuels sur mineure, se poursuit sur le plan civil.
C'est ainsi que l'avocat de Mansour Labaki, Me Antoine Akl, a décidé de poursuivre en justice une collègue française, Me Solange Doumic, « pour diffamation publique, violation du secret de l'instruction et atteinte à la présomption d'innocence ».
Me Doumic est l'avocate de l'une des victimes présumées de Mgr Labaki qui s'est constituée partie civile dans cette affaire devant le tribunal de Caen (France) en 2013. Me Akl lui reproche d'avoir « annoncé publiquement dans les médias et les réseaux sociaux qu'un mandat d'arrêt européen et international lui a été délivré en France » par le juge instruisant le dossier.
L'intention de poursuivre en justice Me Doumic fait partie d'une mise au point que nous fait parvenir Me Akl, et dont il demande la publication au nom du droit de réponse, après la publication en date du 28 avril sur notre site et dans nos pages d'un article annonçant que Mansour Labaki est sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
Le droit de réponse apporte les précisions suivantes :
« Eu égard à la plainte déposée par Mgr Mansour Labaki contre cinq Libanaises (C. A., M.G., M.H., C.B. et R.H.) et deux Libanais (M.B. et M.A.), la chambre de mise en accusation du Mont-Liban a rendu en date du 24-03-2016 une décision traduisant ces personnes par devant le juge d'instruction pour répondre des crimes suivants : simulation d'infraction, dénonciation calomnieuse, menaces, diffamation, injures, faux en écritures, faux témoignage, violation des secrets, publication de documents interdits, organisation d'une association de malfaiteurs.
« Cette chambre a réservé aux juridictions italienne et française la compétence de poursuivre les douze autres accusés pour les mêmes délits. »
« Avant que Mgr Labaki n'entame les poursuites contre ces derniers, l'avocate Me Solange Doumic, et suite à deux ans de silence complet, a annoncé publiquement dans les médias et les réseaux sociaux qu'un mandat d'arrêt européen et international a été émis en France. »
Matraquage médiatique
« En réponse à ce matraquage médiatique et aux fausses informations dont le but est de faire pression sur la justice, nous précisons ce qui suit :
« 1- Les accusés, confrontés aux documents et preuves émanant d'eux-mêmes qui les chargent et inculpent, essaient d'échapper à une comparution devant la justice libanaise.
« 2- Mgr Labaki s'est toujours tenu à l'entière disposition de la justice française, pour contester fermement les faits qui lui sont faussement imputés et qui remonteraient à plus de 25 ans.
« 3- Mgr Labaki a proposé par écrit au juge d'instruction en France de l'auditionner au Liban, en tout endroit et à tout moment, et ce, dans le respect des conventions internationales et des lois et règles de procédure en vigueur. Aucune notification ni réponse à sa demande ne lui sont parvenues à ce jour.
« 4- Mgr Labaki poursuivra Me Solange Doumic par devant les juridictions pénales pour diffamation publique, violation du secret de l'instruction et atteinte à la présomption d'innocence. »
Rappelons que les accusations de faux témoignage lancés par Me Akl se basent sur des courriels échangés entre les plaignantes et de hautes autorités ecclésiastiques au Vatican et en France, obtenus par piratage, en 2014. Le patriarche maronite, tout en se déclarant soumis au jugement de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a condamné Mansour Labaki, a annoncé qu'au regard de leur importance, il avait jugé en conscience devoir en faire parvenir une copie au pape.

