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Concert

Quand la campagne municipale se fait musicale

Au Station, la jeunesse beyrouthine et les artistes libanais se sont rassemblés hier soir pour soutenir, en musique, Beyrouth Madinati.

Les sœurs Keserwany sur scène, hier, au Station. Photo Michel Sayegh

Ambiance décontractée, conviviale et jeune, à l'image de ce que représente Beyrouth Madinati – le changement. Voire le relais. Au Station à Jisr el-Wati, hier soir bondé, les jeunes Beyrouthins, bière à la main, se posent et causent, se croisent et se retrouvent. Amitiés, connaissances ou inconnus, des liens se tissent ou se renouent, pendant que différents artistes libanais animent la scène de cette salle au caractère underground et loftien et aux murs blancs. Un canevas blanc pour le pays ?

C'est Nadine Labaki qui monte en premier sur scène, à la surprise et la joie du public. « Citoyenne de Beyrouth, j'ai peur pour ma ville, j'ai peur pour mes enfants, et surtout de ne pouvoir rien faire. Quitter ou quitter ? » se demande-t-elle.
Six formations différentes se sont ensuite succédé. À commencer par les sœurs Keserwany, Michelle et Noël, mobilisées contre les drames (et les déchets) politiques du pays, avec leur tube Zaffatleh el-Tarik. L'originalité de Karim Khneisser ne passe pas inaperçue. Anthony Khoury, au nom du groupe Adonis, s'ajoute au cocktail musical. Il tend la main à Zeid Hamdan, le leader de la scène électro-underground libanaise. Avant de céder la place aux rappeurs RGB et Rakans. Et c'est Ali Hamdan, DJ vétéran, qui a orchestré les interludes et tissé les liens entre les artistes.

« Culturellement, il y a un véritable problème au Liban », déclare Zeid Hamdan, l'un des principaux collaborateurs et initiateur de ce concert. « Les artistes partagent le désespoir de ne pas être représentés et de n'avoir aucune législation dans ce contexte politique affreux », assène-t-il. Leur ras-le-bol va inciter le musicien et producteur à plaider pour le projet de Beyrouth Madinati. « Je fais partie de la génération qui n'a jamais voté, ou voulu voter. Beyrouth Madinati est un vecteur d'espoir. C'est un programme d'idées, un programme indépendant, sans religion, sans politique », s'enthousiasme-t-il.

 

(Lire aussi : Contre le « lièvre haririen », la « tortue Beyrouth Madinati »)

 

« Ils ont désormais le choix »
Spontanément, Zeid Hamdan et Michelle Keserwany se mettent tous deux au service de la campagne. Le projet du concert se développe en coordination avec l'équipe de Beyrouth Madinati. En une semaine, tout est mis en place. « Les délais relativement très courts nous ont empêchés d'avoir une liste d'artistes plus large, mais plusieurs groupes absents, dont Mashrou3 Leila, actuellement en concert, nous ont exprimé leur support à distance », révèle Zein Hamdan.

« Mon espoir est grand. Il faut que les gens comprennent qu'ils ont désormais le choix de pouvoir voter pour des idées et non pas pour des clans, ou pour des partageurs de butin de guerre », poursuit-il. « Je pense à mes enfants. C'est une ville qui ne ressemble plus à rien, une jeunesse qui n'a plus d'identité entourée de tours et gratte-ciels. Il faut nettoyer le système pour nettoyer la ville ! »

Le plus grand espoir ? « Revenir à Beyrouth, la ville dont on rêve », lance Nadine Labaki au public, en adressant un appel la jeunesse. « Et maintenant on va où ? » On va aux urnes le 8 mai.


Ambiance décontractée, conviviale et jeune, à l'image de ce que représente Beyrouth Madinati – le changement. Voire le relais. Au Station à Jisr el-Wati, hier soir bondé, les jeunes Beyrouthins, bière à la main, se posent et causent, se croisent et se retrouvent. Amitiés, connaissances ou inconnus, des liens se tissent ou se renouent, pendant que différents artistes libanais...

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LES ABRUTIS DANSENT...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

14 h 29, le 29 avril 2016

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Commentaires (2)

  • LES ABRUTIS DANSENT...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 29, le 29 avril 2016

  • Un beau et bon sang jeune qui sort de la routine , Applaudissons .

    Sabbagha Antoine

    23 h 19, le 28 avril 2016