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Philippines: le favori de la présidentielle tuerait ses enfants s'ils se droguaient

Le favori de la présidentielle philippine, Rodrigo Duterte, adepte d'un discours de fermeté contre la criminalité, a affirmé dimanche lors de l'ultime débat télévisé qu'il tuerait ses enfants s'ils prenaient de la drogue.

Le maire de Davao (sud), habitué du langage fleuri, s'est contre toute attente imposé comme le favori de l'élection du 9 mai. Mais certains politologues estiment que le scandale suscité par ses propos de très mauvais goût sur le viol et le meurtre d'une missionnaire australienne pourraient bien lui coûter l'élection, dans un pays où l'Eglise catholique conserve une influence prépondérante.

M. Duterte, qui tente de capitaliser sur son bilan à Davao, s'est de nouveau posé dimanche comme le champion de la lutte contre la criminalité.

"Je suis vraiment en colère", a-t-il dit. "Ils disent que je suis un tueur. Peut-être que j'en suis un."
Prié de dire ce qu'il ferait s'il apprenait qu'un de ses enfants se droguait, il a répondu: "Je le tuerai."
Adepte des grossièretés, l'avocat de 71 ans a déjà promis de tuer 100.000 criminels et de jeter tant de cadavres dans la baie de Manille que "les poissons vont s'engraisser".

Les sondages montrent que cette stratégie est payante dans un pays miné par la criminalité, la corruption rampante dans les services de sécurité et une immense pauvreté.
Un sondage Pulse Asia publié dimanche le donnait encore en tête des intentions de vote. Mais il a été réalisé avant le tollé généré par sa mauvaise plaisanterie sur le viol et le meurtre d'une Australienne en 1989. Dans une vidéo sur YouTube, il était apparu expliquant à une foule goguenarde qu'il aurait aimé être le premier sur les rangs pour violer la missionnaire.

Critiqué par ses adversaires pour la présidence, mais aussi par les Etats-Unis et l'Australie, M. Duterte ne s'est pas démonté, menaçant de rompre les liens diplomatiques avec ces deux pays les plus proches de Manille.

Pour Ramon Casiple, directeur général de l'Institut pour la réforme politique et électorale, cette affaire pourrait bien lui coûter son élection.
"Le viol est une question très personnelle qui touche aux valeurs de la famille", a-t-il dit à l'AFP. "J'ai parlé avec certains de ses adeptes les plus fervents qui lui ont déjà tourné le dos."

Ronald Holmes, directeur de Pulse Asia, explique que le scandale a éclaté trop tard pour se ressentir dans le sondage, mais il pourrait bien peser sur le vote des Philippins.
M. Duterte s'était déjà fait remarquer fin 2015 en qualifiant le pape de "fils de pute" pour avoir provoqué des embouteillages en visitant le pays.

Le favori de la présidentielle philippine, Rodrigo Duterte, adepte d'un discours de fermeté contre la criminalité, a affirmé dimanche lors de l'ultime débat télévisé qu'il tuerait ses enfants s'ils prenaient de la drogue.
Le maire de Davao (sud), habitué du langage fleuri, s'est contre toute attente imposé comme le favori de l'élection du 9 mai. Mais certains politologues estiment que le scandale suscité par ses propos de très mauvais goût sur le viol et le meurtre d'une missionnaire australienne pourraient bien lui coûter l'élection, dans un pays où l'Eglise catholique conserve une influence prépondérante.
M. Duterte, qui tente de capitaliser sur son bilan à Davao, s'est de nouveau posé dimanche comme le champion de la lutte contre la criminalité.
"Je suis vraiment en colère", a-t-il dit. "Ils disent que je...