Le Premier ministre, Tammam Salam, a quitté Beyrouth pour New York pour participer à la cérémonie de signature de la convention de Paris sur le changement climatique. Photo Dalati et Nohra
Le Premier ministre, Tammam Salam, a pris l'avion pour New York, où se tient aujourd'hui la cérémonie de signature de l'accord de Paris dit COP21 (décembre 2015), sur les changements climatiques. Sans être grand pollueur, le Liban fera semblant de vouloir faire la différence, s'étant engagé à Paris à contribuer volontairement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à hauteur de 15 % d'ici à 2030, et d'aller même jusqu'à 30 %, dans le cas où il reçoit l'aide de la communauté internationale. Un discours de M. Salam est attendu à cette occasion.
M. Salam côtoiera donc aujourd'hui certains des grands et des moins grands de ce monde, ainsi que le secrétaire général de l'Onu, et il est possible qu'il se fasse photographier en train de serrer la main de l'un ou de l'autre, ce qui fera dire aux « observateurs » qu'un rapprochement se dessine, ou qu'un « réchauffement » des relations s'annonce, etc.
En fait, il n'en sera rien. Le Liban est livré à lui-même, sur la scène internationale, otage plus que jamais du bras de fer régional. M. Salam a quitté le pays alors que le président de la Chambre, Nabih Berry, multiplie les contorsions politiques susceptibles de faire croire qu'une session parlementaire pourrait se tenir, alors que les représentants des partis dits « chrétiens » redisent pour la millième fois qu'il est hors de question pour eux de faire acte de présence, et que la Chambre, en l'absence d'un président de la République, ne peut être autre chose qu'un collège électoral.
Certes, cette fois, M. Berry a fait miroiter aux yeux des différentes composantes politiques du pays la possibilité d'inscrire à l'ordre du jour de la séance proposée l'examen d'une nouvelle loi électorale. Mais il semble improbable que le CPL se laisse prendre à cet appât, l'écart fondamental sur la nature de cette loi étant trop grand encore, pour être résorbé en une seule séance, sachant que le courant du Futur rejette une loi basée sur la proportionnelle, et que les partis chiites ne jurent que par la proportionnelle. Même le courant du Futur, du reste, a exprimé des réserves sur la proposition de M. Berry, conscient lui aussi que la loi électorale ne jouera dans cette séance que le rôle d'un « lubrifiant ».
Tous les signaux internationaux ne sont pourtant pas totalement négatifs. Ainsi, Beyrouth ne désespère pas de voir la rencontre entre le président Obama et le roi Salmane d'Arabie, ainsi que sa rencontre avec les pays du Conseil de coopération du Golfe, porter pour lui quelque fruit comestible.
Ces espoirs rejoignent ceux que le patriarche maronite nourrit, dans le prolongement d'un mémorandum qu'il a adressé au patriarche de Moscou, Cyrille Ier, dans lequel il met en évidence la gravité symbolique de la vacance présidentielle, aux yeux du monde chrétien, et lui demande d'user de son influence pour régler cette crise. Toutefois, malgré l'écho positif que ce mémorandum a reçu et le fait que Moscou ait dépêché Mikhaïl Bogdanov à Téhéran, des analystes politiques ont assuré hier que le prix réclamé par l'Iran pour le déblocage de la présidentielle serait « trop élevé ». L'Iran réclamerait notamment que les sanctions économiques imposées au Hezbollah soient levées et qu'il soit retiré de la liste des organisations « terroristes », ce que Moscou ne pense pas pouvoir obtenir de Washington.
Cela dit, les crises à répétition qui secouent tous les quelques jours le pays ont touché, hier, les éleveurs de volaille, le virus de la grippe aviaire ayant fait son apparition dans une ferme de Nabi Chit (caza de Baalbeck). Fort heureusement, ce virus n'est pas facilement transmissible aux humains et, une fois de plus, la baraka des Libanais opère. Toutefois, il s'agit d'un coup dur pour certains éleveurs qui vont devoir détruire leur stock. Certes, l'État a annoncé qu'ils seront indemnisés, mais de la coupe aux lèvres, on sait combien, au Liban, il peut passer de temps, et il n'est pas impossible que ces indemnisations finissent pas arriver tardivement. Quand les poules auront des dents.
M. Salam côtoiera donc aujourd'hui certains des grands et des moins grands de ce monde, ainsi que le secrétaire général de l'Onu, et il est possible qu'il se fasse photographier en train de serrer la main de l'un ou de l'autre, ce qui fera dire aux...


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
Et les Canards déchaînés ...des ailes...;-)
17 h 12, le 22 avril 2016