La libération des bergers kidnappés lundi et hier dans la région de Chebaa a permis d'épargner au pays un énième conflit confessionnel. Tout a commencé lundi, lorsqu'un des dirigeants de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelle), surnommé Moro, a enlevé trois bergers syriens, de la communauté druze, dans le périmètre de la bourgade sunnite de Chebaa (caza de Hasbaya), alors qu'ils se rendaient dans le village de Beit Jann, en Syrie.
Les négociations menées pour leur libération n'ayant pas abouti, les habitants (druzes) du village de Kfair ont riposté en enlevant deux bergers syriens qui seraient proches de Moro. Ils se trouvaient dans le périmètre du village.
Au terme de longues négociations gérées par les services de renseignements de l'armée et des notables de la région, les cinq bergers ont enfin été relâchés.
Réagissant à ces incidents, les notables de la région ont insisté sur leur attachement à « préserver la coexistence ». Le président du conseil municipal de Chebaa, Wissam Deaïbès, a ainsi condamné l'incident, affirmant qu'il s'agissait « d'un nuage d'été ».
Le Parti national socialiste syrien, section Hasbaya, a mis l'accent, dans un communiqué, sur son souci de préserver « la stabilité » dans cette région, estimant que cet incident est « une tentative de déplacer le terrorisme vers la région ».
Le Parti démocratique libanais a lui aussi insisté sur « la coexistence à Hasbaya et dans le Arqoub ».
La Jamaa islamiya a quant à elle appelé les différentes parties politiques, les autorités religieuses et les services de sécurité à la vigilance, mettant en garde contre « une cinquième colonne qui tenterait de semer la discorde entre les habitants de la région ».
Le Comité des habitants du Arqoub et des fermes de Chebaa a lui aussi condamné les enlèvements, dénonçant « un règlement de comptes entre les parties en conflit en Syrie sur le territoire libanais ».
Liban - Liban-Syrie
Enlèvement de bergers à Chebaa : un conflit confessionnel évité
OLJ / le 20 avril 2016 à 00h00


Le prochain épisode se terminera sûrement par une rixe entre ânetiers et muletiers, vu leur nombre.... exagéré ! Aux ânes et au mulets, évidemment.
12 h 51, le 20 avril 2016