La campagne du référendum sur le Brexit bat son plein. Avec une situation étonnante. À 2 mois du référendum, les instituts de sondage donnent un score à 50/50. À se demander si, ayant peur de se tromper, ils ne prennent aucun risque. Mais c'est le même son de cloche pour les paris chez les bookmakers. L'incertitude est totale.
Les opposants au Brexit, menés par un David Cameron affaibli, n'ont plus qu'une carte en main, et ils la jouent à fond : c'est la carte de la menace financière. Pas la menace d'une crise financière vaguement théorique, mais l'estimation du coût du Brexit pour chaque ménage britannique. Le chancelier de l'Échiquier George Osborne a présenté un rapport de 200 pages dans lequel différents scénarios post-Brexit ont été chiffrés. Sans surprise, quel que soit le scénario, c'est la catastrophe. Le Brexit provoquerait un effondrement du commerce britannique et une chute de 36 milliards de livres sterling dans les finances publiques. Équivalant à une hausse de 8 % de l'impôt sur le revenu des ménages britanniques. La menace est là. Si vous votez pour le Brexit, vous risquez de perdre votre job et vous devrez payer de votre poche pour compenser l'impact. Le gouvernement n'a plus que cet argument pour tenter de renverser la situation.
L'opposition dénonce évidemment ce rapport et déclare que les chiffres sont truqués. Elle accuse le gouvernement d'infantiliser les Britanniques en tentant de les effrayer. Et beaucoup de Britanniques sont persuadés que même en cas de Brexit, ils bénéficieront toujours d'un statut privilégié de membre associé à l'Union européenne qui leur permettra de continuer à commercer librement avec l'Union. En fait, c'est ça le danger. Les Anglais n'ont pas vraiment peur du Brexit. Ils savent qu'il y aura deux ans de transition. Deux ans pendant lesquels ils pourront négocier un nouvel accord qui finalement leur permettra d'avoir tous les avantages de l'Union européenne sans en avoir aucun inconvénient. Et ils n'ont pas tout à fait tort.
Cet article est réalisé par Fidus

