Boutros Harb a proposé hier un amendement constitutionnel lié à l’élection présidentielle. Photo Ani
Le ministre des Télécoms, Boutros Harb, a lui aussi tenu une conférence de presse hier, place de l'Étoile, estimant qu'« il est déplorable, voire honteux, que la Chambre se réunisse pour la 38e fois sans pouvoir élire de président de la République ». « Il est encore plus honteux que tous les pays du monde nous rappellent à nos devoirs en tant que parlementaires libanais concernant la nécessité d'élire un président », a-t-il ajouté,en allusion à la visite de François Hollande et aux propos tenus par le chef de l'État français à ce sujet.
« L'absence d'élection a exposé le pays, son avenir, ses institutions et son unité au danger, à l'ombre de la violente tempête régionale », a noté M. Harb.
« Celui qui s'absente de ces séances d'une manière répétée le fait avec préméditation, dans le but de bloquer l'élection présidentielle et d'obliger les Libanais à accepter le principe de la nomination d'une seule personne, sans quoi il n'y aurait pas d'élection. Cela va à l'encontre de tous les usages constitutionnels, alors que le Liban est le seul pays arabe à bénéficier d'un régime démocratique », a souligné le député de Batroun.
Boutros Harb a ensuite présenté les deux points du projet d'amendement constitutionnel qu'il compte soumettre au début de la prochaine séance ordinaire de la Chambre, et en vertu duquel « chaque député qui s'absente trois fois de suite des séances sans motif légal est considéré comme démissionnaire de facto, suite à quoi une élection est organisée pour lui trouver un suppléant ».
Le deuxième point « consacre la coutume adoptée par la Chambre et qui n'est pas dans la Constitution, à savoir que le quorum au premier tour de la présidentielle est celui des deux tiers, et au second tour, la majorité absolue », ce qui « sera de nature, selon M. Harb, à mener à l'élection d'un président, si des délais sont fixés pour obliger les boycotteurs ».


AINSI CELA DEVRAIT ETRE !
17 h 26, le 19 avril 2016