Brexit, volatilité financière, risques géopolitiques : les perspectives de l'économie mondiale s'assombrissent, alimentant un flot d'incertitudes autour des capacités de la planète à résister à une nouvelle crise.
Le débat a fait irruption à Washington où les ministres et banquiers centraux de 189 pays ont convergé cette semaine pour les réunions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale sur fond de coup de mou de la reprise sur le globe.
Depuis l'après-guerre, le filet de protection anticrise sur le globe repose en grande partie sur le FMI qui accorde des prêts aux pays en difficulté en échange d'une cure d'assainissement de leurs finances publiques. Encore récemment, l'Angola, frappé de plein fouet par la chute des cours du brut, le Suriname ou la Tunisie, déstabilisée par les menaces sécuritaires, sont venus frapper à la porte du Fonds pour demander un renflouement. Mais ce système a ses failles, de l'aveu même du FMI. Les ressources accessibles aux pays sont limitées par de strictes règles et, surtout, le recours au Fonds reste souvent coûteux politiquement pour les gouvernements.
« Un filet de protection (...) inégal à travers le globe et l'embarras lié au fait de s'adresser au Fonds sont quelques-uns des défis qui doivent être surmontés », a reconnu dernièrement la patronne du FMI Christine Lagarde.
Le montant même des ressources du FMI pose question. Après des années de blocage américain, l'institution vient certes de voir ses ressources permanentes (quotes-parts) doubler à quelque 660 milliards de dollars, mais ce niveau pourrait s'avérer insuffisant en cas de nouvelle secousse mondiale.
Nouveaux mécanismes
Les besoins sont toutefois pressants, notamment pour les pays du Sud dont les caisses sont plombées par l'effondrement des prix des matières premières.
« Nous avons besoin de ressources qui soient accessibles et cela renvoie bien sûr à la question d'un FMI doté de ressources adéquates afin qu'il soit capable d'apporter les liquidités aux pays qui font face à des circonstances exceptionnelles », a résumé jeudi le ministre colombien des Finances, Mauricio Cárdenas, au nom du groupe des pays émergents et en développement du G24.
Réunis vendredi à Washington, les ministres du G20 Finances ont dit soutenir les initiatives « pour renforcer le filet de sécurité mondial », mais les obstacles ne manquent pas. Une augmentation des ressources du FMI passe par un long et fastidieux processus technique qui pourrait de nouveau se heurter aux élus américains républicains, traditionnellement hostiles aux institutions internationales. Pour contourner ces difficultés, le FMI avait lancé en février l'idée de « nouveaux mécanismes de financement » destinés spécifiquement aux pays exportateurs de matières premières exposés aux chocs « extérieurs ». Mais ces pistes sont encore largement en friche alors que les nuages s'accumulent sur l'économie mondiale. « Nous avons besoin d'un filet de protection mondial solide (...) en termes de taille, d'accessibilité et de réactivité », a rappelé Mme Lagarde cette semaine.
Jeremy TORDJMAN/AFP


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