La télévision d'Etat chinoise a montré vendredi des Taïwanais expulsés du Kenya vers la Chine populaire "avouant" une fraude, dernier rebondissement d'une affaire ayant provoqué la fureur des autorités de Taipei.
La police kényane a expulsé cette semaine vers le régime communiste 45 Taïwanais dans le cadre d'une affaire de cyber-escroquerie.
Les autorités de l'île de Taïwan avaient assuré que plusieurs de ces suspects avaient pourtant été innocentés par la justice du pays africain, et ont accusé Pékin d'avoir "enlevé" ses ressortissants.
La CCTV, la télévision publique chinoise, a présenté vendredi deux Taïwanais dans un centre de détention de Pékin, confessant semble-t-il des méfaits durant un interrogatoire policier. La pratique consistant à exhiber de présumés coupables, avouant crimes ou délits devant les caméras -- avant même d'avoir été jugés --, est fréquente en Chine.
Selon CCTV, les suspects taïwanais ont prétendu être des fonctionnaires afin d'obtenir des données personnelles de citoyens de Chine populaire. "Je me suis fait passer pour quelqu'un de la police de Pékin", a assuré un Taïwanais, présenté comme M. Jian, dans le reportage télévisé. Un autre homme taïwanais, M. Xu, s'est déclaré "responsable d'usurpations d'identité".
Les médias chinois avaient déjà diffusé des images de l'expulsion des Taïwanais, assis sur les sièges d'un avion, flanqués chacun de deux officiers de police chinois et le visage recouvert d'une large cagoule.
Pékin considère Taïwan comme une province de Chine, à récupérer par la force si nécessaire, même si le territoire insulaire vit sa propre destinée depuis 1949 et la fin de la guerre civile chinoise, à l'issue de laquelle les troupes de l'armée nationaliste, vaincues, s'étaient réfugiées sur l'île.
Les relations entre Pékin et Taipei ont, depuis, souvent été tendues, et la victoire en janvier à l'élection présidentielle taïwanaise de Tsai Ing-wen, candidate d'un parti pro-indépendance, pourrait amener Pékin à adopter une position plus ferme.
Le ministère chinois de la Sécurité publique avait déclaré cette semaine que les organes judiciaires de la Chine continentale ont "de façon légale, juridiction pour traiter du cas" des Taïwanais.
Les autorités taïwanaises, quant à elles, ont assuré que des "officiels de Chine continentale ont enlevé" un premier groupe de ses ressortissants, expulsés durant le weekend.
Taipei a indiqué mercredi avoir engagé des poursuites au Kenya contre plusieurs hauts dirigeants pour avoir ignoré la décision de justice innocentant certains suspects et avoir "collaboré illégalement avec des officiels de Chine populaire pour les expulser en Chine".
Les autorités de l'île de Taïwan avaient assuré que plusieurs de ces suspects avaient pourtant été innocentés par la justice du pays africain, et ont accusé Pékin d'avoir "enlevé" ses ressortissants.
La CCTV, la télévision publique chinoise, a présenté vendredi deux Taïwanais dans un centre de détention de Pékin, confessant semble-t-il des méfaits durant un interrogatoire policier. La pratique consistant à exhiber de présumés coupables, avouant crimes ou délits...


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