Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Karim Najjar

La troisième loi de Newton

Un amas de ferraille, de poussière, de sang et de désolation. Des voyageurs qui courent dans tous les sens, certains serrant leur progéniture contre eux les yeux injectés de sang et d'effroi. Les autres sont hébétés, poussent des cris d'horreur. Dans la capitale bruxelloise, quasi simultanément, à deux endroits différents, le terrorisme a frappé à nouveau. Comme à son habitude, il a frappé lâchement, a assassiné des personnes sans défense, répandant le malheur sur son passage. Les images passent en boucle sur tous les médias, les radios ont interrompu leurs programmes. Une fois de plus, nous allons vivre avec la violence post-attentat et la paranoïa montera d'un cran. Dans le métro, les voyageurs parlant arabe se verront adresser des regards noirs ou craintifs, c'est selon. Et les autorités annonceront de nouvelles mesures concernant la déchéance de nationalité, l'augmentation des forces de police et mettront en garde la population : « Nous sommes en guerre braves citoyens, ne l'oubliez pas. » Soit !
Mais en guerre contre qui ? Contre une idéologie de haine, implantée partout dans le monde, qui est là, à deux pas de chez vous, mais que vous ne pouvez pas joindre. Kissinger raillait les Européens dans les années 70 avec son fameux « L'Europe, quel numéro de téléphone ? » Même si nous le souhaitions, pourrions-nous discuter avec les terroristes ? Où pourrions-nous les joindre ? Ils disent nous attaquer afin de nous détruire, nous faire peur et se vengent de nos soutiens à tel ou tel groupe, faction, milice ou État qui les combat localement. C'est une application à grande échelle de la troisième loi de Newton nous disent-ils. C'est un peu court comme raisonnement. Toutes les haines du monde se cristallisent en réaction, et viennent s'exploser partout où elles le peuvent : à Beyrouth, à Paris, à Ankara ou à Bruxelles. Désormais, à chaque fois qu'un groupe s'estimera injustement lésé, mènera des réactions violentes et le légitimera par un argument béton : c'est pas nous qui avons commencé. C'est un peu facile. Quand des terroristes français s'en prennent à des Français, en usant d'arguments farfelus, on ne peut retenir sa tristesse vis-à-vis de cette jeunesse chair à canon instrumentalisée par des causes qui la dépasse (les Palestiniens, les Syriens, etc.).
Il y a quelques jours, au cinéma, j'ai regardé un film catastrophe, où des terroristes avaient minutieusement préparé l'assassinat de plusieurs chefs d'État à Londres ; une fois passé la fascination devant le réalisme des effets spéciaux et la violence inouïe des scènes de guerre en pleine ville, une fois passé la fin heureuse à l'américaine où tout se termine bien pour le président américain qui est sauvé de la mort, on ne peut que s'interroger sur le réalisme du scénario. Il décrit des opérations parfaitement coordonnées, des policiers anglais qui sont en réalité des terroristes infiltrés. Un scénario glaçant. Il y a encore quelques années, ce scénario aurait fait sourire, car nous l'aurions considéré comme irréaliste. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, étant donné la sophistication de plus en plus marquée des groupes terroristes. Leur modus operandi ne cesse d'évoluer, même si ce cancer représente à mes yeux plutôt une involution de la société actuelle. Il est vrai, dans notre monde interdépendant et hyperconnecté à l'information, on ne peut plus faire la guerre uniquement en appuyant sur un bouton qui lâchera une bombe à partir d'un drone situé à 3 000 kilomètres de là. Il faut aussi s'attendre à être touchés au plus près de notre vie quotidienne. Trouver les solutions qui arrêteront ce cycle infernal de violence, voilà le vrai défi des années à venir, et où les générations futures devront puiser dans leur intelligence afin de permettre une vie plus harmonieuse de notre espèce.
En attendant, la troisième loi de Newton ne nous lâchera pas.

Un amas de ferraille, de poussière, de sang et de désolation. Des voyageurs qui courent dans tous les sens, certains serrant leur progéniture contre eux les yeux injectés de sang et d'effroi. Les autres sont hébétés, poussent des cris d'horreur. Dans la capitale bruxelloise, quasi simultanément, à deux endroits différents, le terrorisme a frappé à nouveau. Comme à son habitude, il a frappé lâchement, a assassiné des personnes sans défense, répandant le malheur sur son passage. Les images passent en boucle sur tous les médias, les radios ont interrompu leurs programmes. Une fois de plus, nous allons vivre avec la violence post-attentat et la paranoïa montera d'un cran. Dans le métro, les voyageurs parlant arabe se verront adresser des regards noirs ou craintifs, c'est selon. Et les autorités annonceront de nouvelles...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut