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Moyen Orient et Monde - Sommet de l’OCI

Erdogan exhorte le monde musulman à l’unité contre le terrorisme

Le président turc a annoncé la création d'un « Interpol islamique » basé à Istanbul.

Photo de famille regroupant les participants au sommet de l’OCI à Istanbul, hier. Ozan Kose/AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pressé hier des dizaines de dirigeants musulmans réunis à Istanbul de surmonter les différences confessionnelles pour mieux lutter contre le péril jihadiste et apaiser une région minée par les guerres.
Le chef de l'État turc, qui s'exprimait à l'occasion de la 13e conférence annuelle de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a annoncé la création prochaine d'un « Interpol islamique » basé à Istanbul pour coordonner la lutte antiterroriste. « Nous ne devons pas nous diviser, mais nous rassembler (...) pourquoi attendons-nous une aide extérieure pour affronter nos différends et faire face aux actes terroristes? Nous devons nous en occuper nous-mêmes », a déclaré M. Erdogan devant ses hôtes, dont le roi Salmane d'Arabie saoudite et le président iranien Hassan Rohani. « Le principal défi que nous devons surmonter, c'est le confessionnalisme. Ma religion n'est pas le sunnisme ou le chiisme. C'est l'islam », a-t-il ajouté. Pour mieux lutter contre le groupe État islamique (EI) et « toutes les organisations terroristes qui servent la même cause maléfique », le président Erdogan a annoncé que sa proposition de créer un « centre de coopération et de coordination » des polices des pays de l'OCI avait été acceptée. Celui-ci sera basé à Istanbul, a affirmé M. Erdogan, sans autre détail.
Les représentants de 56 pays, dont une trentaine de chefs d'État, participent au sommet qui s'achève aujourd'hui dans un contexte de crises régionales et mondiales marquées par les conflits en Syrie et au Yémen, et une série d'attentats qui ont ensanglanté plusieurs États, dont la Turquie. Le sommet de l'OCI se déroule sous haute sécurité dans le centre d'Istanbul, quadrillé par plus de 5 000 policiers spécialement mobilisés, selon l'agence de presse progouvernementale Anatolie, et survolé par des hélicoptères. La Turquie vit depuis plusieurs mois en état d'alerte renforcée en raison d'une série d'attentats attribués à l'EI ou liés à la reprise du conflit kurde.

Rapprochement turco-saoudien
Avant le coup d'envoi du sommet, M. Erdogan a offert mercredi soir à ses invités un tour sur le Bosphore à bord d'un yacht de luxe et multiplié les entretiens bilatéraux. Après le roi saoudien mardi, il doit rencontrer son homologue iranien après le sommet.
Ce rassemblement dans l'ancienne capitale de l'Empire ottoman revêt une dimension diplomatique importante pour la Turquie, pour qui la période du printemps arabe s'est soldée par un fort isolement. Le pays est brouillé avec l'Égypte depuis le renversement en 2013 du président issu des Frères musulmans, Mohammad Morsi, et est coupé de la Syrie de Bachar el-Assad.
Également en froid avec Moscou après avoir abattu un bombardier russe accusé d'avoir violé son espace aérien à la frontière syrienne, la Turquie a multiplié les efforts pour réactiver dans la région d'anciennes amitiés, comme celle avec Israël, ou chercher des alliances nouvelles, notamment avec l'Arabie saoudite. Cité par l'agence de presse officielle saoudienne SPA, le roi Salmane a dénoncé des « ingérences manifestes dans les affaires de plusieurs pays musulmans (...) incitant au confessionnalisme et utilisant des groupes armés », une pique visant Téhéran, qui soutient M. Assad en Syrie et est accusé d'appuyer des rebelles chiites au Yémen.
Lors du sommet, M. Erdogan a également abordé la question palestinienne, estimant que « la seule voie pour une paix durable en Palestine et dans la région passe d'abord par la fin de l'occupation (israélienne) et la création d'une Palestine indépendante avec pour capitale Jérusalem-Est ».
La rencontre a aussi lieu dans le contexte d'une défiance croissante à l'égard de l'islam dans de nombreux pays occidentaux après des attentats revendiqués par l'EI en France et en Belgique. M. Erdogan a ainsi déploré l'« augmentation dangereuse de l'islamophobie et du racisme dans les pays occidentaux », égratignés pour leur « ambivalence ». « Ils parlent des attentats de Bruxelles, ils parlent des attentats de Paris, a dit M. Erdogan. Mais pourquoi ne parlent-ils pas des attentats d'Ankara ou de Lahore (Pakistan) ? »
(Source : AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pressé hier des dizaines de dirigeants musulmans réunis à Istanbul de surmonter les différences confessionnelles pour mieux lutter contre le péril jihadiste et apaiser une région minée par les guerres.Le chef de l'État turc, qui s'exprimait à l'occasion de la 13e conférence annuelle de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a...
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