La Résidence des Pins parée de ses plus beaux atours pour accueillir les mécènes francophones.
La Résidence des Pins est aussi « une maison de la culture ». C'est ainsi que l'a voulu l'ambassadeur Emmanuel Bonne lors du lancement du Cercle des amis de la culture française au cours d'une soirée réunissant une quarantaine d'invités.
Ce cercle est né d'une initiative de l'ambassade de France qui doit permettre de jeter les bases d'une vision de l'action culturelle au Liban tournée vers l'avenir. « Car l'art et la culture sont au cœur de la relation d'amitié et d'admiration réciproque qui lie la France et le Liban », comme l'a souligné M. Bonne dans un entretien avec L'Orient-Le Jour.
Un cercle prestigieux qui a pour vocation de sceller un partenariat qui rassemblera les mécènes les plus fidèles de l'ambassade dans le domaine des arts et de la culture, mais aussi un cercle d'action culturelle qui accueillera régulièrement des événements exclusifs.
« Ce cercle, qui est voué à s'élargir, nous donnera plus de visibilité et nous permettra de construire un programme culturel plus ambitieux au Liban », a ajouté l'ambassadeur.
Dans cette région qui traverse aujourd'hui une des périodes les plus violentes de son histoire moderne, la culture doit être une arme qui permette de promouvoir le « Liban-message », qui est le message même de la France. « C'est pourquoi ce partenariat culturel franco-libanais est une évidence pour l'ambassade de France au Liban qui, à travers le réseau de l'Institut français – le plus dense du monde –, s'adresse à l'ensemble de la société libanaise, et notamment au jeune public, qui sont le Liban et le monde de demain. »
Les projets soutenus par ce cercle seront axés autour de différents domaines, comme la création, le théâtre, le livre, mais aussi autour de projets « plus structurels comme la bibliothèque de l'Institut français du Proche-Orient qui est un lieu très important de science et de connaissance », a souligné l'ambassadeur. Et d'ajouter : « C'est à dessein que je fais référence aux Maisons de la culture. Un grand ministre de la Culture, André Malraux, leur avait assigné une mission ambitieuse, en lançant l'appel suivant : « Le grand combat intellectuel de notre siècle a commencé. (...) Cette Maison y convie chacun de vous, parce que la culture est devenue l'autodéfense de la collectivité, la base de la création et l'héritage de la noblesse du monde. »
Dans un mot de circonstance, l'ambassadeur a ensuite mis en relief les affinités qui lient son pays au pays du Cèdre : la culture au cœur de l'identité et une amitié pétrie du dialogue des cultures ; une audace qui est « d'abord la conquête de nouveaux champs d'expression » et une vision, « parce que, mécènes et diplomates, nous nous retrouvons dans la conviction qu'il n'y a pas d'action culturelle sans vision du monde ».
Pour conclure son message, l'ambassadeur a réaffirmé que c'est à travers la culture que mécènes libanais de la culture française et diplomates français au Liban veulent promouvoir le « Liban-message ». « À travers l'éducation et la création, nous défendons un modèle fondé sur la dignité, la liberté et l'État de droit. Contre l'enlisement et la division, nous soutenons les institutions, parce qu'elles fournissent aux Libanais le socle indispensable sur lequel consolider leur vivre-ensemble. » Et de conclure : « En réalité, c'est dans la région tout entière que la culture doit servir une certaine vision du monde. Aux destructions de Daech à Palmyre, nous opposons les fouilles de Maurice Dunant à Byblos. Aux géopolitiques guerrières du Moyen-Orient, nous opposons les sociétés bigarrées du Levant, celles de Feyrouz et d'Amin Maalouf. Aux persécutions et aux guerres de civilisations, nous opposons cette mosaïque de peuples et de minorités religieuses, ces villes millénaires où se côtoient églises et mosquées, ces langues qui se fécondent et se réinventent. Face au morcellement du monde, face aux résurgences barbares, nous avons besoin d'intercesseurs, de médiateurs, de créateurs – bref, de partenariat et d'action culturelle. »
La soirée a été ponctuée d'intermèdes musicaux interprétés par la soprano Caroline Solage, accompagnée au piano par Armen Ketchek, et par un trio de musiciens sur instruments à vent de l'École des arts Ghassan Yammine.
Affaire à suivre, donc...

