La Vierge Marie a pris dans l'Église catholique une importance croissante qui culmine depuis le pontificat de Pie XII avec la définition de l'Assomption en 1950, l'année mariale en 1954, le centenaire de Lourdes en 1958 et puis dernièrement en donnant naissance à la fête islamo-chrétienne de l'Annonciation à l'Église du Liban.
Après l'Annonciation, Marie apparaît dans les moments-clés qui orientent au Salut : la naissance du Christ, la double manifestation du temple, le premier miracle du Christ à Cana de Galilée grâce auquel il gagna la croyance de ses disciples. Dans cette perspective, Marie est moins la mère de l'Église ou sa devancière que le point de départ de l'Église, son commencement. Elle inaugure la foi et la communion au Christ, par tout son être de chair et de grâce. Le mouvement biblique a redécouvert la signification existentielle et théologale de la Vierge dans l'Évangile comprise avec ses racines dans l'Ancien Testament et remplie de tant de sève spirituelle. On attribue à la Vierge Marie la thèse de vision béatifique et une science tout à fait extraordinaire durant sa vie terrestre à tel point qu'on la situe ainsi dans sa vraie gloire et exprimée aussi selon l'Écriture : « Bienheureuse celle qui a cru. »
« Tous les âges me diront bienheureuse » : étranges paroles sur les lèvres de l'humble servante du Seigneur. Paroles prophétiques que presque deux millénaires un quart de christianisme n'ont fait que confirmer « d'âge en âge ».
D'âge en âge : « La vénération des fidèles pour la mère de Dieu a revêtu des formes multiples selon les circonstances de temps et de lieu, la sensibilité des peuples et leurs différentes traditions culturelles. » L'un des domaines où s'exprime le mieux la sensibilité des peuples est l'art religieux. Des catacombes aux cathédrales, des icônes byzantines aux Vierges asiatiques ou africaines, le visage de la mère du Christ s'est multiplié à l'infini, exprimant la même vénération dans la diversité des traditions culturelles, pour celle qui montre le Christ à toutes les générations et à tous les peuples. Quant aux expressions populaires du culte marial, il en est que l'on retrouve depuis toujours, d'âge en âge, de l'Orient à l'Occident et dans le monde entier : le pèlerinage par exemple. Il suffit d'en présenter un pour montrer comment le pèlerinage répond bien à « la vraie dévotion qui procède de la vraie foi ».
Marie enfin, présente comme modèle dans le mystère de l'Église et dans son « pèlerinage de foi » : comment s'étonner que tant d'instituts ou de mouvements apostoliques se soient mis sous le patronage de Marie, la première de ceux qui, servant le Christ dans les autres, conduisent leurs frères vers le Christ
« Ceux qui à chaque génération accueillent avec foi le mystère du Christ, verbe incarné et rédempteur du monde, dans les différents peuples de la Terre, non seulement se tournent avec vénération vers Marie et recourent à elle avec confiance comme à sa mère, mais ils cherchent dans sa foi un soutien pour leur foi. Et c'est précisément cette vive participation à la foi de Marie qui détermine sa présence particulière dans la fête islamo-chrétienne comme une fête de communautés fraternelles dans une même nation. »

