Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Paul Ph. Eddé

Présidence de la République libanaise : une responsabilité constitutionnelle commune

Dans le monde actuel, l'islamisme inquiète. Des clichés d'obscurantisme s'y collent inopportunément. Il a certes été incriminé dans de trop nombreux événements violents ou terroristes un peu partout dans le monde, et les affrontements sans merci – fort préjudiciables – entre sunnites et chiites n'y sont pas étrangers. On évoque bien facilement un « hiver islamique » et les enquêtes d'opinion témoignent d'un rejet croissant de l'islam dans l'Occident des droits de l'homme, de la démocratie et des libertés. Frustrations identitaires, préjugés, retard de sécularisation, réactions contre des régimes répressifs corrompus, luttes de pouvoir, recherche obsessionnelle d'impossibles certitudes et d'unanimité... Peut-être. Mais on ne saurait accepter de limite géographique, humaine et culturelle à l'extension des valeurs démocratiques
mondiales.
N'ajoutons pas de préjugés supplémentaires au rejet de l'islam – déjà marqué par une histoire tourmentée – qui n'a quand même pas cessé son évolution; et n'alimentons pas ce «choc de civilisations» que l'on s'évertue à ressasser à chaque incartade.
Le récent comportement religieux du pape François est un exemple d'anthologie d'ouverture, de compréhension et d'apaisement. L'islam libanais – qu'il soit sunnite ou chiite, de la charia ou mystique – nous vivons avec lui en symbiose depuis que le Liban existe. Laissons-le nous aimer à nous chrétiens, nous faire confiance, nous juger même (notre comportement n'est pas toujours à la hauteur de notre foi). Nous nous devons de comprendre l'islam dans sa différence, dans son regard sur le monde ; et de nous comprendre nous-mêmes dans nos évidences ou nos incohérences, en un temps où l'on a plus que jamais besoin de réconciliation entre les cultures et les religions.
L'élection d'un président chrétien maronite est la responsabilité d'un Liban pluriel.
Les chrétiens se doivent d'être convaincants dans leur identité et leur solidarité, et le monde musulman, qui n'a rien de monolithique, se doit de demeurer ouvert et tolérant. Cependant, comme le montrent abondamment les sondages d'opinion, il existe de par le monde une image négative de l'islam, un malaise, qui dérange. Serait-il le symptôme d'une «islamophobie» peu respectueuse de l'impératif républicain de respect égal de toutes les religions? C'est là qu'apparaît la responsabilité de l'islam de clarifier sa vision sans ambiguïté sur la convivialité islamo-chrétienne dans un Proche-Orient déstabilisé par un Iran bien «remuant».
Une chance – à ne pas perdre – nous est à présent donnée de nous élever à la hauteur de nos responsabilités historiques d'élire, sans plus de criminels retards, un existentiel président de la République, rigoureusement attaché à nos valeurs communes d'indépendance, de souveraineté et de non-violence pour un Liban digne, moderne, prospère, neutre et pérenne.

Paul Ph. EDDÉ

Dans le monde actuel, l'islamisme inquiète. Des clichés d'obscurantisme s'y collent inopportunément. Il a certes été incriminé dans de trop nombreux événements violents ou terroristes un peu partout dans le monde, et les affrontements sans merci – fort préjudiciables – entre sunnites et chiites n'y sont pas étrangers. On évoque bien facilement un « hiver islamique » et les enquêtes d'opinion témoignent d'un rejet croissant de l'islam dans l'Occident des droits de l'homme, de la démocratie et des libertés. Frustrations identitaires, préjugés, retard de sécularisation, réactions contre des régimes répressifs corrompus, luttes de pouvoir, recherche obsessionnelle d'impossibles certitudes et d'unanimité... Peut-être. Mais on ne saurait accepter de limite géographique, humaine et culturelle à l'extension des...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut