La multiplication des demandes d'asile par les migrants exposés aux renvois en Turquie devrait entraîner une "pause" de 15 jours dans ces renvois, inaugurés en fanfare lundi, a indiqué mercredi le ministre grec aux Affaires Européennes, Nikos Xydakis.
Le gouvernement grec n'a toutefois pas exclu qu'auparavant puissent être organisés ces prochains jours quelques nouveaux retours de migrants, soumis à l'accord UE-Turquie mais qui n'ont pas demandé l'asile.
"Nous savions qu'il y aurait une pause, une période intermédiaire avant que le programme" de renvois prévus par l'accord UE-Turquie "démarre", a expliqué M. Xydakis lors d'un point de presse.
Il a estimé ce délai à "au moins 15 jours, le temps de traiter le premier paquet de demandes d'asile" que la Grèce s'est engagée à examiner au cas par cas, quoiqu'en procédure accélérée, avant de renvoyer en Turquie les candidats déboutés. "En quinze jours, les autorités peuvent traiter 400 à 500 demandes", a-t-il relevé.
L'Union européenne a promis des renforts à la Grèce, notamment en experts de l'asile, pour aider ses services à faire face. Mais seuls quelques dizaines de juristes sont jusque-là arrivés, selon M. Xydakis.
"C'est la faiblesse de toute la procédure. Il est plus facile de déployer des policiers", déjà dépêchés en nombre par les partenaires européens pour encadrer les renvois, "que des experts de l'asile et des interprètes", a souligné le ministre. "Il était exagéré de poser que tout pouvait commencer en cinq jours, c'était fou. Nous leur avions dit à de nombreuses reprises à Bruxelles, nous le savions", a insisté M. Xydakis.
L'accord UE-Turquie, conclu le 18 mars, est entré en vigueur le surlendemain, officiellement pour éviter une ruée migratoire vers l'Europe avant tout éventuel délai dans sa mise en œuvre.
L'opération très médiatisée des premiers renvois, portant sur 202 migrants acheminés des îles grecque de Lesbos et Chios vers le port turc de Dikili, s'est déroulée lundi, pile à la date fixée dès le 18 mars par la chancelière Angela Merkel, inspiratrice et artisane de l'accord.
Le gouvernement grec a précisé qu'aucun des renvoyés de lundi n'avait demandé l'asile. Depuis le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR)de l'Onu n'a toutefois pas exclu que 13 d'entre eux aient été expulsés indûment, alors qu'ils avaient manifesté le souhait de réclamer l'asile, même s'ils n'en avaient pas fait la demande formelle.
Entre temps, les demandes d'asile émanant des migrants soumis à l'accord, soit ceux arrivés en Grèce après le 20 mars, ne cessent d'augmenter: Selon le HCR, elles se chiffraient à 2.300 mardi pour un total d'environ 6.000 migrants concernés par les renvois.
Le gouvernement grec n'a toutefois pas exclu qu'auparavant puissent être organisés ces prochains jours quelques nouveaux retours de migrants, soumis à l'accord UE-Turquie mais qui n'ont pas demandé l'asile."Nous savions qu'il y aurait une pause, une période intermédiaire avant que le programme" de renvois prévus par l'accord UE-Turquie "démarre", a expliqué M. Xydakis lors d'un point de presse.
Il a estimé ce délai à "au moins 15 jours, le temps de traiter le premier paquet de demandes d'asile" que la Grèce s'est engagée à examiner au cas par cas, quoiqu'en procédure...


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