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Moyen Orient et Monde - Crise

Nagorny-Karabakh : les affrontements continuent malgré l’annonce d’un « cessez-le-feu »

La Russie et les Occidentaux ont appelé l'Arménie et l'Azerbaïdjan à un retour au calme.

Soutenues par l’Arménie, les autorités du Nagorny-Karabakh ont déclaré être « prêtes à discuter d’une proposition de trêve » à condition de récupérer les positions et territoires perdus au cours des affrontements déclenchés vendredi et samedi. Vahram Baghdasaryan/Photolure/AFP

L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont mutuellement accusés de poursuivre les tirs malgré la trêve unilatérale annoncée par Bakou dans la région séparatiste du Nagorny-Karabakh.

Bakou « a décidé de cesser unilatéralement les hostilités », a annoncé hier matin le ministère azerbaïdjanais de la Défense. Mais son porte-parole Vagif Dargahly a ensuite déclaré à l'AFP que « les Arméniens ont continué de bombarder (dimanche) sans interruption » des positions azerbaïdjanaises.
« Les combats avec des tanks et l'artillerie continuent, puisque l'Azerbaïdjan ment en disant qu'il a cessé les hostilités », a répliqué auprès de l'AFP son homologue arménien, Artsrun Hovhannisian, qualifiant le cessez-le-feu de « piège ». Selon lui, « l'Azerbaïdjan continue de bombarder à la fois l'armée du Karabakh et les villages arméniens ». Un photographe de l'AFP a entendu des tirs sporadiques d'artillerie provenant des deux côtés vers midi à Terter, ville contrôlée par Bakou, à dix kilomètres de la ligne de front. « D'intenses combats se prolongent dans les secteurs sud-est et nord-est de la ligne de front », a assuré David Babayan, le porte-parole de la « présidence » de la région séparatiste.

(Lire aussi : Quand le Kremlin tente d’utiliser l’Arménie dans son conflit avec Ankara)

Soutenues par l'Arménie, les autorités du Nagorny-Karabakh ont déclaré être « prêtes à discuter d'une proposition de trêve » à condition de récupérer les positions et territoires perdus au cours des affrontements déclenchés vendredi et samedi. Mais l'Azerbaïdjan a déclaré vouloir « renforcer » ces positions stratégiques, « libérées » vendredi et samedi dans la région séparatiste, que la communauté internationale reconnaît comme lui appartenant.

Dix-huit soldats des forces arméniennes et 12 soldats azerbaïdjanais ont été tués vendredi et samedi.
Au moins 35 soldats des forces arméniennes ont également été blessés, a précisé samedi soir lors d'une allocution télévisée le président arménien Serge Sarkissian, originaire du Nagorny-Karabakh.
Deux civils ont aussi été tués et dix autres ont été blessés par les tirs d'artillerie, selon un communiqué du ministère azerbaïdjanais des Affaires intérieures. Les autorités séparatistes faisaient état d'un civil tué.

Russie et Turquie en arrière-plan

La Russie et les Occidentaux ont appelé samedi les deux pays à un retour au calme : Vladimir Poutine a réclamé un « cessez-le-feu immédiat », tandis que le secrétaire d'État américain John Kerry a exigé que les deux parties reviennent à la table des négociations. En visite à Washington, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a exigé mercredi devant M. Kerry que l'Arménie retire « immédiatement et sans conditions » ses troupes du territoire contesté. L'Azerbaïdjan, dont le seul budget défense, est certaines années plus important que le budget entier de l'Arménie, menace souvent de reprendre par la force le Nagorny-Karabakh si les négociations n'aboutissent pas. Hier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré soutenir l'Azerbaïdjan « jusqu'au bout » dans ce conflit et « prier pour que (ses) frères azerbaïdjanais triomphent ». L'Arménie, appuyée par la Russie qui y possède deux bases militaires récemment renforcées, répond qu'elle peut faire face à toute offensive. Pour Thomas de Waal, analyste de la fondation Carnegie, « jamais le risque n'a été aussi grand de déclencher de graves combats ».
« Toute opération militaire dans cette zone de conflit peut favoriser une escalade et devenir hors de contrôle », prévient-il. Il s'agit des pires affrontements depuis le cessez-le feu de 1994 entre Erevan et Bakou.

 

Pour mémoire
L'Arménie emprunte 200 millions de dollars à la Russie pour lui acheter des armes

L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont mutuellement accusés de poursuivre les tirs malgré la trêve unilatérale annoncée par Bakou dans la région séparatiste du Nagorny-Karabakh.Bakou « a décidé de cesser unilatéralement les hostilités », a annoncé hier matin le ministère azerbaïdjanais de la Défense. Mais son porte-parole Vagif Dargahly a ensuite déclaré à l'AFP que « les Arméniens ont continué de bombarder (dimanche) sans interruption » des positions azerbaïdjanaises.« Les combats avec des tanks et l'artillerie continuent, puisque l'Azerbaïdjan ment en disant qu'il a cessé les hostilités », a répliqué auprès de l'AFP son homologue arménien, Artsrun Hovhannisian, qualifiant le cessez-le-feu de « piège ». Selon lui, « l'Azerbaïdjan continue de bombarder à la fois l'armée du Karabakh et les...
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Nagorny-Karabakh pour l'Azerbaïdjan, le pendant de la Crimée pour la Russie ?!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

04 h 59, le 04 avril 2016

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Commentaires (1)

  • Nagorny-Karabakh pour l'Azerbaïdjan, le pendant de la Crimée pour la Russie ?!

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 59, le 04 avril 2016

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