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Liban - La Situation

La spirale vertueuse prendra-t-elle le dessus ?

Le ministre britannique des AE Philip Hammond a assisté hier à des manoeuvres des forces spéciales de l’armée dont l’entraînement est assuré par des conseillers britanniques, à la base aérienne de Hamate ( Liban-Nord). Mohamed Azakir/Reuters

Avec la baisse de la tension militaire en Syrie, que l'on espère irréversible, et l'entrée de ce pays dans une phase de compromis, qui restera fragile jusqu'à ce que les ennemis d'hier se regardent dans les yeux, le Liban à son tour pourrait s'engager dans une phase politique plus modérée, ou en tout cas moins marquée par la montée aux extrêmes à laquelle nous avons assisté ces deux années passées. Une montée aux extrêmes qui a laissé le pays sans président et, jusqu'à un certain point, dans une phase postinstitutionnelle critique.

 

La vague diplomatique qui déferle sur la région a touché hier le Liban sous la forme d'une visite du ministre britannique des AE, Philip Hammond, et d'une livraison d'armes américaines à l'armée, renforcée par un discours se voulant rassurant quant à l'appui américain à l'armée du chargé d'affaires Richard Jones. Ces deux miniévénements disent quelque chose de la volonté de l'Occident d'empêcher que le Liban ne se démantèle, sous la poussée jihadiste, à l'heure où les forces du terrorisme semblent en recul, et où elles pourraient chercher à compenser leurs pertes sur d'autres fronts, par des avancées imprévues, comme cela s'est produit par le passé.
Mais enfin, il ne faut pas se faire d'illusion. Comme l'assure notre chroniqueur politique Philippe Abi-Akl, « chaque lot d'armes que nous recevons nous parvient après un feu vert israélien ». Les hélicoptères que nous avons reçus peuvent, certes, être équipés de fusées, mais nous sommes loin des Apache de combat. Même les armes que devait nous livrer l'Arabie saoudite étaient livrées sous conditions qu'elles soient détruites si la situation était telle que le Hezbollah allait se les approprier, assure-t-il encore. Pour notre chroniqueur, les trois hélicoptères blancs d'hier sont plutôt des transports rapides de troupes, des sortes de taxi de l'air donnant plus de mobilité à l'armée libanaise. Quel que soit leur but, nous n'en sommes pas à refuser les cadeaux et ils sont les bienvenus.


Mais le Liban n'est pas vraiment sur la même longueur d'onde sur tous les sujets avec ses amis et alliés. Parti d'ici sans avoir serré la main de Gebran Bassil, Ban Ki-moon, dès le lendemain, cherchait des États volontaires pour naturaliser un demi-million de Syriens, comme pour justifier les appréhensions de ce dernier.
Car malgré toutes les assurances qu'il reçoit, et hier encore de Philip Hammond, le Liban n'est pas tranquille. Il y a 11 à 12 millions de déplacés syriens à l'intérieur de la Syrie et dans les pays limitrophes, et le Liban est en droit de se demander comment ceux qui ont trouvé refuge à l'intérieur de ses frontières seront rapatriés. Il insiste pour que les termes dans lesquels Ban Ki-moon parle des réfugiés soient clarifiés, précisant que le retour des réfugiés que l'Onu exige d'être « volontaire » (c'est-à-dire le contraire de contraint) ne signifie en aucun cas que l'option de la naturalisation sur place est ouverte par le Liban. Elle ne l'est pas.


Ce qui, aux yeux de nombreux commentateurs, ne justifie en aucun cas le chantage à la peur de l'implantation auquel se livrent nos forces populistes, qui insinuent dans leur campagne que la communauté sunnite travaillerait en secret en faveur de leur maintien au Liban. Ces insinuations ont obligé le courant du Futur à démentir ce qu'il considère comme une insulte à son allégeance au Liban. Il va sans dire que si ces insultes continuent, le ressentiment qu'ils nourrissent va grandir. Gebran Bassil joue avec le feu. Du reste, la Syrie pourra-t-elle se passer de cette immense force de travail dans sa phase de reconstruction ?

 

(Lire aussi : Réfugiés syriens : un tableau noir, des ambiguïtés et une absence de stratégie...)


Reste la présidentielle, otage d'un bras de fer régional dont on ne voit pas jusqu'à présent la fin. De Moscou, d'où il rentre aujourd'hui, Saad Hariri a affirmé hier qu'en dépit du rôle négatif joué par l'Iran dans la région, le Liban cherche à entretenir « de bons rapports avec l'Iran ». Moscou, par contre, joue selon lui « un bon rôle », et l'on doit peut-être à cette bonne influence l'ouverture sur Téhéran. Selon Philippe Abi-Akl, le chef du courant du Futur aurait prolongé hier soir son séjour à Moscou dans l'espoir d'être reçu par Vladimir Poutine.
Selon certains milieux diplomatiques, l'option d'un président de compromis, en phase avec tout ce qui se passe dans la région, reviendrait donc sur le tapis, parrainée par la Russie. C'est au point que certains milieux, dont un diplomate, osent annoncer ce miracle pour le mois de mai, avec un retrait parallèle des candidatures de Michel Aoun et Sleiman Frangié. Qui vivra verra. Le Conseil des ministres reporté à jeudi prochain et la réunion de la conférence de dialogue, au 20 avril, donneront le ton de la phase qui vient et diront si les conseils de tempérance venus de plusieurs directions vont porter, et si les vases syrien et libanais sont vraiment communicants.

 

 

Avec la baisse de la tension militaire en Syrie, que l'on espère irréversible, et l'entrée de ce pays dans une phase de compromis, qui restera fragile jusqu'à ce que les ennemis d'hier se regardent dans les yeux, le Liban à son tour pourrait s'engager dans une phase politique plus modérée, ou en tout cas moins marquée par la montée aux extrêmes à laquelle nous avons assisté ces deux années passées. Une montée aux extrêmes qui a laissé le pays sans président et, jusqu'à un certain point, dans une phase postinstitutionnelle critique.
 
La vague diplomatique qui déferle sur la région a touché hier le Liban sous la forme d'une visite du ministre britannique des AE, Philip Hammond, et d'une livraison d'armes américaines à l'armée, renforcée par un discours se voulant rassurant quant à l'appui américain à...
commentaires (9)

On prend acte que nous nous dirigeons droit devant la fin du complot occidental, allié aux récipiendaires de légion d'honneur , pour seule et unique cause que ce complot parti de Tunisie, transitant par la lybie et l'Egypte s'est cassé les dents sur la résistance du roc de l'axe RUSSIE IRAN BASHAR HEZB RÉSISTANT. LE RESTE FUT INTÉRESSANT DE LE CONSTATER À DEMI MOT DANS CET ARTICLE , QUI INSISTE SUR LA RENCONTRE POUTINE saad.

FRIK-A-FRAK

13 h 33, le 01 avril 2016

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Commentaires (9)

  • On prend acte que nous nous dirigeons droit devant la fin du complot occidental, allié aux récipiendaires de légion d'honneur , pour seule et unique cause que ce complot parti de Tunisie, transitant par la lybie et l'Egypte s'est cassé les dents sur la résistance du roc de l'axe RUSSIE IRAN BASHAR HEZB RÉSISTANT. LE RESTE FUT INTÉRESSANT DE LE CONSTATER À DEMI MOT DANS CET ARTICLE , QUI INSISTE SUR LA RENCONTRE POUTINE saad.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 33, le 01 avril 2016

  • Normal 1er fut reçu par Obama à Washington , pour lui dire s'il fut cocufié par les Saoudo ...sur les livraisons d'armes à l'armée ...' cela n'était pas une raison ..pour leurs donner la légion d'honneur....! Mais bon, le combat continu pour éliminer Daech...comme les USA ont éliminé les Talibans....

    M.V.

    09 h 05, le 01 avril 2016

  • Cher Mr. Noun, Philip Hammond serait donc d'origine arabe? Ou bien, comme nous tous, il a été ecoeuré par la situation du dépotoir de Bourj Hammoud à tel point que le n de Hammond, dans un élan de solidarité improvisé, s'est retourné sur son dos pour devenir Hammoud? :)

    Zeidan Pierre

    07 h 30, le 01 avril 2016

  • E.G. les "réfugiés" de ces deux villages Chïïtes syriens, Fouua et Kefraya, qui sont déjà bien installés dans les "réduits" du héZébbb au Liban, seront-ils naturalisés libanais(h), ou garderont-ils leur statut de Chïïtes syriens "réfugiés" ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 25, le 01 avril 2016

  • "Et diront si les conseils de tempérance venus de plusieurs directions vont porter, et si les vases syrien et libanais sont vraiment communicants." ! Oui, ils le sont effectivement, mais Per(s)cés malheureusement !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 16, le 01 avril 2016

  • "Ce qui ne justifie en aucun cas le chantage à la peur de l'implantation auquel se livrent nos forces populistes, qui insinuent dans leur campagne que la communauté sunnite travaillerait en secret en faveur de leur maintien au Liban. Ces insinuations ont obligé le courant du Futur à démentir ce qu'il considère comme une insulte à son allégeance au Liban. Il va sans dire que si ces insultes continuent, le ressentiment qu'ils nourrissent va grandir. Gebran Bassil joue avec le feu." ! Au fait, ce béSSîîîl, serait-il contre le "maintien" ou même la naturalisation aussi de tous ces Réfugiés syriens mais, yâââï, CHRÉTIENS ; genre arméniens, syriaques, chaldéens, assyriens ou même nestoriens ? Des précisions, please ! Quid de la "position" de l'haSSine, en ce qui conCerne les "Réfugiés" syriens mais Chïïtes ou noûSSaâïrîs ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 01, le 01 avril 2016

  • "Le ministre britannique des AE, Philip Hammond, a assisté hier à des manœuvres des forces spéciales de l’armée dont l’entraînement est assuré par des conseillers britanniques, à la base aérienne de Hamate." ! Läâmâh ! On est encore sous Mandat, mais britaNNique cette fois ? !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 52, le 01 avril 2016

  • "Quel que soit leur but, nous n'en sommes pas à refuser les cadeaux et ils sont les bienvenus." ! Il ne manquerait plus que cela ! Choù, chéhhadînes wé m'chârtînes kaméééne ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 47, le 01 avril 2016

  • "Ces deux mini-événements disent quelque chose de la volonté de l'Occident d'empêcher que le Liban ne se démantèle." ! Qu'il ne "se démantèle", façon irakienne ou syrienne ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 45, le 01 avril 2016

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