L'économie turque a connu l'an dernier une croissance inattendue de 4% en dépit de plusieurs crises intérieures, dépassant toutes les prévisions ainsi que les chiffres de l'année précédente.
Le Produit intérieur brut (PIB) de la Turquie a progressé de 4,0% sur 2015, a annoncé jeudi l'Institut turc de la statistique, contre des prévisions situées entre 3 et 3,5%. La bonne forme du commerce extérieur ainsi qu'une accélération de la demande intérieure ont été les principaux moteurs de cette croissance, bien plus forte que celle de 2014 qui était de 2,9%.
Cette performance s'explique notamment par une croissance surprise au quatrième trimestre (+5,7%), à prix constants par rapport à la même période de 2014.
Ces chiffres sont encourageants pour le pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan, alors que son pays fait face à des attentats depuis huit mois qui compromettent le secteur clé du tourisme.
La politique monétaire du gouvernement a également suscité des inquiétudes, tout comme la crise économique avec la Russie après la la destruction fin novembre d'un bombardier russe par la chasse turque le long de la frontière syrienne.
"Nous sommes parvenus à ce succès malgré une année qui a compté deux élections, des tensions géopolitiques dans la région, des conditions difficiles avec nos partenaires commerciaux et la volatilité des marchés financiers mondiaux", a souligné le ministre des Finances Mehmet Simsek, affirmant que la Turquie était la quatrième puissance du G20 en termes de croissance.
"L'économie a continué à croître au dernier trimestre 2015 en dépit des incertitudes politiques, des tensions avec la Russie et des attentats", a souligné l'analyste Ozgur Altug, chef économiste à BGC Partners à Istanbul. "Ces chiffres confirment la résilience de l'économie turque face aux chocs".
Pour William Jackson, de Capital Economics à Londres, les chiffres du quatrième trimestre, proprement "stupéfiants", montrent que l'économie turque "est restée très robuste".
Les perspectives pour 2016 pourraient être moins réjouissantes, le tourisme étant plombé par les attentats attribués aux jihadistes du groupe Etat islamique mais aussi à un groupe kurde.
Le nombre de visiteurs étrangers en Turquie en février a chuté de 10,32%, a-t-on appris cette semaine. Mais ces chiffres ont été enregistrés avant l'attentat dans le coeur d'Istanbul le 19 mars dans lequel quatre touristes ont trouvé la mort.
Après des années fastes en 2010 et 2011, où sa croissance a frôlé les 9%, l'économie turque avait sérieusement ralenti, victime de la crise de la zone euro, des guerres à ses frontières en Irak et en Syrie, de la reprise du conflit kurde et des tensions politiques intérieures.
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Turquie : l'économie enregistre une croissance inattendue en 2015
AFP / le 31 mars 2016 à 16h57


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