Des membres du Syrian Women Advisory Board donnant une conférence de presse à l’issue des séances de pourparlers de paix, hier au siège de l’Onu à Genève, alors que l’émissaire des Nations unies Staffan de Mistura les observe de l’arrière-plan. Fabrice Coffrini/AFP
L'opposition syrienne a affiché hier sa « patience » face aux « provocations » du régime de Damas qui, la veille, a refusé de discuter du sort du président Bachar el-Assad dans le cadre des pourparlers de paix de Genève. « La délégation du gouvernement continue d'éviter les échéances et essaye d'énerver l'opposition pour obtenir une réaction », a déclaré Hisham Marwa, conseiller du Haut Comité des négociations (HCN). Le régime exige que le président « Assad reste au pouvoir, c'est totalement inacceptable pour nous », a-t-il ajouté. Mais, selon lui, « cela n'affecte pas notre décision de nous impliquer dans le processus politique et de montrer un grand niveau de responsabilité et de patience ».
Une délégation du HCN, qui regroupe des opposants politiques et des représentants de groupes armés, devait rencontrer hier soir l'émissaire de l'Onu Staffan de Mistura. Celui-ci supervise depuis huit jours des discussions indirectes entre l'opposition et Damas, dans l'espoir de mettre un terme à un conflit qui a déjà fait plus de 270 000 morts et forcé des millions de personnes à l'exode. À l'issue de la première semaine de travail, le diplomate italo-suédois avait loué les « propositions substantielles » de l'opposition et regretté que le régime en reste aux déclarations de principe. Lundi, il a de nouveau mis la pression sur les émissaires de Damas, en de enjoignant leur définir leur vision de la « transition politique » censée émerger des discussions. Malgré ces pressions, le négociateur en chef du régime, Bachar al-Jaafari, n'a rien lâché, refusant catégoriquement d'évoquer le sort de M. Assad et de discuter de la transition. Avec défiance, il a rejeté le blâme sur l'opposition.
« Il a attaqué toute notre délégation, en reprochant aux opposants politiques d'être à la solde de l'Arabie saoudite et aux représentants des groupes armés d'être des terroristes », a souligné M. Marwa, pour qui cela prouve que le régime n'est pas prêt à discuter « sérieusement ».
Selon la feuille de route fixée par l'Onu, les pourparlers doivent aboutir à la mise en place, dans les six mois, d'un « organe de transition », chargé d'adopter une nouvelle Constitution et d'organiser des élections d'ici à 18 mois. La définition de cet « organe » divise les deux camps : pour Damas, il ne peut s'agir que d'un gouvernement élargi à quelques opposants. L'opposition, elle, exige le départ immédiat de Bachar el-Assad et de réels pouvoirs. Les deux camps en discuteront encore avec Staffan de Mistura aujourd'hui et demain, avant une pause de plusieurs jours.
Par ailleurs, le secrétaire d'État américain, John Kerry, s'est envolé hier soir pour Moscou, où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine afin de consolider la trêve en Syrie, après le retrait militaire russe partiel, et pour empêcher que le cessez-le-feu en Ukraine ne vole en éclats. Ainsi, à dix mois de la fin de la présidence de Barack Obama, M. Kerry doit être reçu au Kremlin pour faire une nouvelle fois le constat que Moscou est un acteur incontournable de ces deux crises majeures.
(Source : AFP)

