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Économie - Focus

Les revenus liés à la spéculation plongent à Wall Street

Les revenus cumulés du courtage des cinq grands fleurons de Wall Street devraient s’élever à 19,1 milliards de dollars au premier trimestre, en baisse de 16 % sur un an, estiment les analystes de Crédit Suisse. Archives AFP

La spéculation ne fait plus recette à Wall Street sur fond de ralentissement économique mondial et au grand dam des banques, obligées de se serrer la ceinture et de se recentrer sur leur métier d'origine pour préserver leurs gros bénéfices.
JPMorgan Chase, Citigroup et Morgan Stanley ont averti récemment que les recettes générées par leurs activités de courtage allaient plonger au premier trimestre de 15 à 20 %. Le courtier Jefferies a confirmé cette semaine ce bulletin de santé alarmant, en faisant état d'une lourde perte trimestrielle liée notamment à la chute de 82 % des revenus du trading des produits financiers (actions, obligations, monnaies, taux, matières premières...).
Les revenus cumulés du courtage des cinq grands fleurons de Wall Street devraient s'élever à 19,1 milliards de dollars au premier trimestre, en baisse de 16 % sur un an, estiment les analystes de Credit Suisse. Ce chiffre, qui serait tout simplement, selon UBS, le plus mauvais pour cette période depuis au moins sept ans, devrait entraîner un déclin des chiffres d'affaires. En Bourse, la sanction est sévère, même si ces banques ont enregistré chacune des milliards de dollars de bénéfices en 2015 dont 24 milliards pour JPMorgan et 23 pour Wells Fargo : depuis janvier, Bank of America a perdu 19 %, Citigroup 17 %, Morgan Stanley 18 %, Goldman Sachs 14 %, JPMorgan 8 %, et Wells Fargo 7 %.
Le début d'année est de fait crucial pour l'activité de courtage : c'est à ce moment que les investisseurs institutionnels ajustent leurs stratégies et animent les salles de marchés. « Toute une grande catégorie d'investisseurs s'abstiennent à ce moment parce qu'ils n'arrivent pas à trouver un secteur leader, ni de direction aux marchés », explique Gregori Volokhine, gérant de portefeuille chez Meeschaert.
Même la décision de la banque centrale (Fed) de maintenir ses taux inchangés mercredi n'a pas suscité d'engouement, fait remarquer M. Volokhine. Ce jour-là, les volumes d'échanges étaient de 15 % inférieurs à la moyenne il y a un mois sur la plate-forme d'échanges Nasdaq et de 16 % sur le S&P, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises cotées aux États-Unis. Les trois indices boursiers américains font ainsi du surplace depuis quinze mois.

Moins de risques
« Nous sommes manifestement dans un environnement très difficile », résume Jon Pruzan, directeur financier de Morgan Stanley. Cette situation représente, selon lui, un « gros défi » car les introductions en Bourse, autre activité rentable, ont décliné de 75 % comparé à il y a un an.
Le courtage pâtit des craintes entourant la croissance mondiale et la chute des prix des matières premières qui ont jeté un froid sur les Bourses, incitant beaucoup d'entreprises à reporter leurs projets d'augmentation de capital, avancent les analystes. À ceci se greffe un environnement persistant de taux d'intérêt bas.
La loi Dodd-Frank de régulation de Wall Street dissuade en outre les banques de spéculer pour leur compte propre et d'avoir une forte exposition aux actifs risqués comme les obligations offrant de hauts rendements (junk bonds). « Quand vous avez des ''junk bonds'', vous ne pouvez pas les valoriser à 100 % dans les comptes. Ça veut dire que vous devez disposer en capital des 30 % de décote que vous leur appliquez », souligne Gregori Volokhine.
À défaut de miser sur le courtage et sur les remboursements de prêts accordés aux entreprises énergétiques, les grandes banques américaines devraient continuer à tailler dans leurs coûts.
« Nous ne pouvons pas contrôler les marchés ni la volatilité des indices mais nous pouvons contrôler nos dépenses, nos effectifs », fait valoir Jon Pruzan. Sa banque a licencié 25 % de ses traders en obligations, bons du Trésor, taux de devises et matières premières (FICC) et veut économiser 1 milliard de dollars en plus sur les deux prochaines années. Goldman Sachs devrait lui emboiter le pas en annonçant un allègement de 5 % de ses effectifs d'ici à fin mars, a indiqué une source proche du dossier. À l'inverse, les banques universelles telles JPMorgan, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo peuvent, elles, préserver leurs marges en profitant de la reprise économique américaine, qui dope les prêts industriels, commerciaux et les crédits à la consommation.

Luc Olinga / AFP

La spéculation ne fait plus recette à Wall Street sur fond de ralentissement économique mondial et au grand dam des banques, obligées de se serrer la ceinture et de se recentrer sur leur métier d'origine pour préserver leurs gros bénéfices.JPMorgan Chase, Citigroup et Morgan Stanley ont averti récemment que les recettes générées par leurs activités de courtage allaient plonger au premier trimestre de 15 à 20 %. Le courtier Jefferies a confirmé cette semaine ce bulletin de santé alarmant, en faisant état d'une lourde perte trimestrielle liée notamment à la chute de 82 % des revenus du trading des produits financiers (actions, obligations, monnaies, taux, matières premières...).Les revenus cumulés du courtage des cinq grands fleurons de Wall Street devraient s'élever à 19,1 milliards de dollars au premier...
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