Selon le Premier ministre chinois, le gouvernement « possède des outils innovants » de relance. Fred Dufour/AFP
L'économie chinoise ne connaîtra pas d'« atterrissage brutal », à en croire le Premier ministre chinois Li Keqiang : il s'est efforcé hier de rassurer sur la capacité de Pékin à enrayer l'alarmant essoufflement de sa croissance tout en poursuivant ses douloureuses réformes structurelles. Alors que la croissance chinoise a glissé l'an dernier à 6,9 %, au plus bas depuis un quart de siècle, le gouvernement « possède des outils innovants » de relance pour contrer tout ralentissement économique trop violent, a expliqué M. Li, à l'occasion d'une conférence de presse clôturant la session annuelle du Parlement chinois.
Le matin même, l'Assemblée nationale populaire (APN), Chambre d'enregistrement législative du régime, avait adopté à 97,2 % le treizième plan quinquennal. Cette feuille de route socio-économique assigne au pays un objectif de croissance d'au moins 6,5 % par an durant la période 2016-2020. Pour Li Keqiang, en dépit du vif assombrissement de la conjoncture, il apparaît « impossible » de ne pas atteindre les objectifs fixés.
Douloureuse transition
« Tant que nous persistons dans les réformes et l'ouverture, l'économie chinoise ne connaîtra pas d'atterrissage brutal », a ajouté le dirigeant.
Pékin est engagé dans un délicat rééquilibrage de son modèle de croissance vers les services, les nouvelles technologies et la consommation intérieure. Mais la transition se fait dans la douleur : le secteur industriel souffre de colossales surcapacités face à une demande terne, les exportations s'effondrent et les investissements immobiliers stagnent. « Le gouvernement contrôle des activités dont il ne devrait pas s'occuper, qui plombent la productivité du pays » et il échoue à maintenir un environnement concurrentiel équitable, a cependant reconnu Li Keqiang. Une allusion aux puissantes entreprises d'État, gérées sans souci de rentabilité et exerçant leur monopole sur des secteurs industriels entiers.
Pour autant, la réduction drastique des surcapacités qu'imposera Pékin dans la sidérurgie et le charbon se poursuivra « sans vagues de licenciements » de masse, a souligné le Premier ministre. Une assurance qui peut surprendre : le gouvernement avait récemment évoqué la disparition d'environ 1,8 million d'emplois dans les secteurs du charbon et de l'acier.
« Réformes et développement ne sont pas incompatibles », a martelé le Premier ministre, assurant que le pays n'était qu'au début d'un processus d'urbanisation et de transformations qui verront émerger de nouveaux moteurs de croissance. En multipliant les rabais fiscaux et en réduisant significativement les procédures administratives – entre autres –, le gouvernement espère favoriser « l'innovation » et « l'entrepreneuriat ».
Li Keqiang s'est par ailleurs voulu rassurant sur la solidité des marchés boursiers – en proie depuis l'été à de vives turbulences –, ainsi que sur l'inquiétante montée des créances douteuses au sein des établissements bancaires, confrontés à des risques accrus de défauts de paiement.
Enfin, en vue de conforter la nette réduction de la pauvreté prévue par le nouveau plan quinquennal, l'ANP a également adopté hier une « loi sur les œuvres caritatives », qui laisse de nombreux observateurs sceptiques : les citoyens chinois, échaudés par une série de scandales de corruption, n'auraient donné en 2015 que l'équivalent de 0,2 % du PIB du pays, selon des chiffres officiels.
(Source : AFP)


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