Le chef du courant du Futur, Saad Hariri, n'est décidément pas dans une situation enviable. La soudaine détérioration des relations entre le Liban et l'Arabie saoudite est loin de servir ses projets de retour à la présidence du Conseil après l'élection d'un président de la République, de préférence son propre candidat Sleiman Frangié. Face à la colère des dirigeants saoudiens contre le Liban, il a du mal à se positionner et surtout à adopter une ligne politique claire.
D'une part, il ne peut que suivre les dirigeants saoudiens dans leur campagne contre le Hezbollah, mais, d'autre part, il est contraint de maintenir le dialogue entre son courant et la formation chiite pour éviter des dérapages sur le terrain qui seraient désastreux pour sa base. De tels dérapages ouvriraient la voie à une réaction musclée du Hezbollah et, en même temps, favoriseraient le renforcement d'un courant extrémiste au sein de la rue sunnite. Plus même, les mesures de rétorsion adoptées par les dirigeants saoudiens contre l'armée libanaise, accusée d'être sous le contrôle du Hezbollah, n'ont pas eu l'effet escompté. Alors que les Saoudiens pensaient que, privée de la promesse de ces armes modernes, l'armée libanaise ferait pression sur la classe politique pour tenter d'amadouer les autorités de Riyad, l'armée, par la voix de son commandant en chef, le général Jean Kahwagi, a affirmé qu'elle poursuivra la guerre contre le terrorisme avec tous les moyens dont elle dispose et qu'elle frappera d'une main de fer ceux qui chercheraient à déstabiliser le Liban.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cette armée a mené hier une vaste opération dans le jurd de Ras Baalbeck contre les terroristes du groupe État islamique. Selon les informations communiquées par l'armée, cette opération ambitieuse visait à déjouer un plan de l'EI de s'infiltrer au Liban à partir de cette région pour y mener des attaques terroristes et mettre ainsi en danger la stabilité interne. Selon des sources militaires, cette opération est devenue plus aisée depuis que, du côté syrien, le front s'est plutôt calmé dans la région de Zabadani, limitrophe du Qalamoun, où le processus de réconciliation fait de grands progrès. Le maintien de la « poche » du jurd du Qalamoun et d'Ersal et Ras Baalbeck ne peut plus être exploité sur le plan syrien, alors qu'il constitue une menace pour le Liban.
Sur le plan politique, cette opération de l'armée est interprétée comme un message dans plusieurs directions. D'une part, il s'agit de confirmer que, don saoudien ou pas, l'armée poursuit sa mission de préserver la stabilité du Liban. Ensuite, l'armée montre, à travers cette opération, que c'est bien elle qui protège les frontières en utilisant ses propres armes et sans recourir à une aide quelconque. Enfin, elle montre aussi aux Libanais qu'elle est une institution fiable qui ne se laisse pas affecter par les développements politiques, internes ou régionaux. C'est aussi un message au Hezbollah pour lui montrer qu'il peut compter sur cette armée pour remplir sa mission aux frontières. Enfin, c'est un message aux Occidentaux et en particulier aux Américains que l'armée libanaise reste l'institution par excellence qui combat le terrorisme et veille sur la stabilité interne. Si le commandant en chef de l'armée a donc des ambitions présidentielles, une telle attitude ne peut que renforcer ses chances aux yeux des Libanais et de l'Occident, mais peut-être pas aux yeux des dirigeants saoudiens. En tout cas, elle rend plus difficile la position du chef du courant du Futur qui ne peut pas ne pas appuyer l'action de l'armée à la frontière, ni cesser d'exprimer son soutien à cette institution, lui dont le slogan est l'appui à l'État face au mini-État représenté par le Hezbollah.
Mais en même temps, M. Hariri doit satisfaire les dirigeants saoudiens qui continuent directement ou non de menacer les Libanais de nouvelles mesures de rétorsion. Et si lui ne le fait pas, d'autres figures au sein de son courant s'empressent de prendre la relève en affirmant que la colère des dirigeants du Golfe ne s'apaisera pas de sitôt et les sanctions contre le Liban vont s'amplifier. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a eu beau faire des promesses d'apaisement au ministre libanais de l'Environnement, Mohammad Machnouk, qu'il a rencontré à Djakarta, toutes ses autres déclarations ainsi que les mesures prises par les autres pays du Golfe montrent le contraire.
Les milieux proches du Futur ne cachent d'ailleurs pas leur inquiétude face à la poursuite des mesures des pays du Golfe contre le Liban, même s'il est clair qu'elles ne dépasseront pas une ligne rouge fixée par l'Occident et qui se résume à la stabilité du Liban.
L'attitude des dirigeants saoudiens empêche le chef de ce courant de conclure un compromis avec le Hezbollah qui lui permettrait de revenir à la tête du gouvernement et, en même temps, il ne peut pas entrer dans une confrontation ouverte avec la formation chiite. C'est pourquoi face à cette situation complexe, Saad Hariri a choisi de se rapprocher des différents pôles sunnites, dans le but de s'imposer comme le chef incontesté de la communauté. Il a ainsi conclu des accords avec l'ancien Premier ministre Nagib Mikati et avec les anciens ministres Fayçal Karamé, Abdel Rahim Mrad et Mohammad Safadi. Mais cela suffira-t-il à faire taire la voix dissonante du ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, ou à calmer le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, surtout que ceux sur l'appui desquels M. Hariri comptait, comme Sleiman Frangié ou même Walid Joumblatt, ne peuvent ou ne veulent pas se joindre à lui dans ses critiques contre le Hezbollah ?
D'une part, il ne peut que suivre les dirigeants saoudiens dans leur campagne contre le Hezbollah, mais, d'autre part, il est contraint de maintenir le dialogue entre son courant et la formation chiite pour éviter des dérapages sur le terrain qui seraient désastreux pour sa base. De tels dérapages ouvriraient la voie à une réaction musclée du...


haha tjrs du bla bla pour rien .... pour un c'est une operation muscle et l'autre c'est les extrémistes haha
15 h 49, le 11 mars 2016