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Campus - Rencontre

Truni : « Un artiste graffiti est un peintre de la rue »

Truni (George Batruni) en pleine séance de travail.

Fraîchement diplômé en architecture de l'Alba, George Batruni, alias Truni, décide de se consacrer exclusivement à la peinture graffiti et à l'art du tatouage, deux formes d'expression modernes qui peinent à se défaire des préjugés au Liban.
C'est en participant à un concours de tag et de graffiti proposé par une marque de boissons énergisantes que George Batruni, étudiant en architecture à l'Alba, se découvre une passion pour les dessins et les couleurs. Avec un petit groupe d'amis de la fac, il se voit confier la mission de peindre sur les murs de l'Alba, une belle opportunité selon le jeune homme qui explique : « En nous incitant à décorer le campus grâce à nos bombes de peinture, notre université nous a fait confiance et nous a permis, en même temps, de donner libre cours à notre créativité. » Avant de se hasarder à faire des graffitis, George commence par s'exercer au tag, cette signature codée formant un dessin d'intention décorative sur un mur ou une voiture. L'artiste en herbe va écrire en grand son surnom, Truni, sur différentes surfaces murales de la capitale, une façon pour lui de s'affirmer et de marquer son passage. Autodidacte, George va apprendre davantage sur les techniques de travail. Désormais, il ne travaille plus sans son masque de protection, et les bombes aérosol de peinture et les marqueurs n'ont plus de secret pour lui. Très vite, il va avoir envie de se diriger vers l'art graffiti où le tag n'est plus qu'un élément de la fresque. Il associera alors, dans une toile, des personnages de style figuratif, agressifs ou burlesques, des paysages, des couleurs. « Au bout d'un moment, j'ai réussi à avoir mon propre langage visuel. Je crois que mes études d'architecture me sont d'une grande utilité dans ma façon de travailler sur une fresque murale. Je maîtrise les formes, la géométrie, la notion d'espace », note George.

Un art incompris
« Si dans des villes, comme Paris, Berlin et Amsterdam, les tags et les graffitis ont gagné une vocation esthétique, au Liban, ils sont souvent associés à du vandalisme », note le jeune homme qui pense que les arts de rue sont vecteurs de la modernité urbaine. À ses débuts, il y a deux ans, Truni faisait des tags et des graffitis sur les murs de la capitale avec, comme motivation première, le besoin de s'exprimer et de communiquer avec les autres. « Travailler dans la rue était vraiment excitant, il fallait être rapide pour finir une toile en quelques heures et ne pas être repéré car, même si un artiste ne touche pas à des propriétés privées, la police ou une autre personne peut intervenir à tout moment pour l'arrêter », avance George. Parfois, les œuvres sont rejetées dans des endroits publics. Lorsqu'elles sont effacées, il s'agit d'une réelle déception pour leurs auteurs, et Truni a connu cela. Si le jeune homme dépensait jusqu'à 200 dollars de matériel pour un tableau dans la rue, aujourd'hui, il travaille surtout sur des commandes. Malls, radios et pubs font appel à ses talents pour égayer leurs murs. La musique, l'actualité, la caricature, le cinéma et l'architecture sont des sources d'inspiration pour le jeune homme de 23 ans. « Souvent, tags et graffitis irritent, parfois ils séduisent mais ils ne laissent jamais indifférent le public qu'ils interpellent par leur forme et leur fond », poursuit George qui adore voyager pour s'ouvrir à d'autres cultures et avoir des chocs artistiques. « Les vrais artistes, dit-il, essaient de rendre un endroit plus joli qu'avant et leurs graffitis donnent à réfléchir. Je vois cet art moderne comme un autre aspect de l'architecture, un outil qui peut égayer les pays qui traversent une période sombre de l'histoire. »
Le jeune homme, qui s'est également lancé dans l'art du tatouage en ouvrant son propre salon, avoue souffrir parfois du jugement des autres lorsqu'il évoque son métier : « Le graffiti et le tatouage sont encore loin d'être reconnus dans leur dimension artistique. Mon entourage a du mal à accepter que je me consacre à ces activités après avoir obtenu un diplôme d'architecte. » Mais George Batruni n'oublie pas pour autant son intérêt pour l'architecture, et il compte bien combiner ses différents apprentissages pour évoluer, loin des sentiers battus, dans le domaine de l'art.
Pour découvrir le travail de Truni : www.instagram.com/thisistruni/

Fraîchement diplômé en architecture de l'Alba, George Batruni, alias Truni, décide de se consacrer exclusivement à la peinture graffiti et à l'art du tatouage, deux formes d'expression modernes qui peinent à se défaire des préjugés au Liban.C'est en participant à un concours de tag et de graffiti proposé par une marque de boissons énergisantes que George Batruni, étudiant en architecture à l'Alba, se découvre une passion pour les dessins et les couleurs. Avec un petit groupe d'amis de la fac, il se voit confier la mission de peindre sur les murs de l'Alba, une belle opportunité selon le jeune homme qui explique : « En nous incitant à décorer le campus grâce à nos bombes de peinture, notre université nous a fait confiance et nous a permis, en même temps, de donner libre cours à notre créativité. » Avant de...
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