Rechercher
Rechercher

Économie - Hydrocarbures

L’Iran manque de souplesse face aux acheteurs européens

Avec la levée des sanctions, le marché européen est théoriquement redevenu accessible à l’Iran, mais le décollage se fait toujours attendre. Raheb Homavandi/Reuters

Malgré la levée des sanctions en janvier, l'Iran n'a réussi à vendre que des volumes limités de pétrole à l'Europe. Une situation qui s'explique, selon d'anciens acheteurs, par des complications légales et la réticence de Téhéran à assouplir ses conditions de vente.
Entre 2012, date de l'adoption par l'Union européenne de sanctions contre l'Iran en raison de son programme nucléaire, et la levée des sanctions, en janvier dernier, le marché européen était globalement fermé à l'Iran. Une situation qui a privé Téhéran d'un marché représentant un tiers de ses exportations. Dans ce contexte, l'Iran s'est rabattu sur les acheteurs asiatiques.
Avec la levée des sanctions, le marché européen est théoriquement redevenu accessible à l'Iran. Le décollage se fait toutefois attendre. Depuis janvier, l'Iran n'a vendu que quatre tankers, soit 4 millions de barils, à l'Europe. Un volume très bas, puisqu'il équivaut à cinq jours de vente durant la période pré-2012, quand les Européens achetaient 800 000 barils de brut iranien par jour.
Aujourd'hui, des compagnies qui avaient l'habitude d'acheter du brut iranien avant les sanctions, comme l'anglo-néerlandais Shell, l'italien Eni ou encore le grec Hellenic petroleum, ne sont toujours pas revenues sur le marché iranien. En cause, notamment, l'absence d'un mécanisme établi pour les ventes hors dollars et la réticence des banques à accorder des lettres de crédit pour faciliter le commerce. À ces raisons s'ajoutent, selon d'anciens acheteurs, la réticence de Téhéran à assouplir ses conditions de vente et offrir une certaine flexibilité au niveau des prix, alors même que le marché des hydrocarbures est totalement engorgé et les cours du brut en chute.

Pas de discount
« L'Iran n'est pas flexible sur les conditions. Le pays impose toujours des clauses de destination dépassées qui stipulent où l'on peut et où l'on ne peut pas prendre le brut », explique un haut responsable dans le secteur du pétrole, ayant requis l'anonymat en raison de la sensibilité du dossier. L'Iran, à l'instar de l'Arabie saoudite, impose des clauses de destination afin de garder un certain contrôle sur la destination finale de son brut. Téhéran fixe également un prix de vente pour ses différents types de brut chaque mois. A contrario, l'Irak, l'exportateur de pétrole ayant affiché la plus forte croissance l'année dernière, permet aux acheteurs de revendre le brut à des prix inférieurs à ses prix officiels.
Côté iranien, le chef des exportations de pétrole, Mohsen Ghamsari, avait expliqué la semaine dernière à Reuters la prudence des acheteurs européens par les difficultés bancaires et d'assurance. Il avait néanmoins exclu tout processus de discount sur les prix officiels mensuels, tout en évoquant la possibilité d'améliorer le mécanisme de prix sur certains types de fret pour attirer les acheteurs européens.
« Nous avons constaté que les complications en termes de transport maritime font que le baril iranien est un dollar plus cher que chez la concurrence. Mais quand nous avons évoqué un discount, on nous a répondu que ce n'était pas possible », explique un responsable d'une grande compagnie européenne de commerce d'hydrocarbures. Pour Olivier Jakob, du cabinet de consultants Petromatrix, il est possible que l'Iran craigne de paraître « désespéré » en proposant des rabais. Il est aussi possible, ajoute-t-il, que, « contrairement à l'Irak, l'Iran n'ait pas de surplus massif à écouler urgemment ».
Une autre source dans le commerce d'hydrocarbures estime que l'Iran pourrait attendre que les cours du brut remontent avant de prendre des mesures pour gagner des parts du marché. Une source proche de la National Iranian Oil Company indique, de son côté, que l'Iran adopte sa stratégie habituelle de non-précipitation.
(Source : Reuters)

Malgré la levée des sanctions en janvier, l'Iran n'a réussi à vendre que des volumes limités de pétrole à l'Europe. Une situation qui s'explique, selon d'anciens acheteurs, par des complications légales et la réticence de Téhéran à assouplir ses conditions de vente.Entre 2012, date de l'adoption par l'Union européenne de sanctions contre l'Iran en raison de son programme nucléaire, et la levée des sanctions, en janvier dernier, le marché européen était globalement fermé à l'Iran. Une situation qui a privé Téhéran d'un marché représentant un tiers de ses exportations. Dans ce contexte, l'Iran s'est rabattu sur les acheteurs asiatiques.Avec la levée des sanctions, le marché européen est théoriquement redevenu accessible à l'Iran. Le décollage se fait toutefois attendre. Depuis janvier, l'Iran n'a vendu que...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut