Djen, violoncelliste moderne, poète urbain et slameur talentueux.
Dans le cadre du Mois de la francophonie et après un passage par Istanbul, le collectif KA est au Liban cette semaine, d'abord au théâtre Montaigne, ce soir, puis à Saïda le vendredi 11 et, enfin, à Tripoli le samedi 12 mars. La tournée l'emmènera finalement en Jordanie puis à Ramallah et Hébron, en Palestine... Ce grand chelem, d'où vient le mot slam, a été rendu possible grâce au concours de l'Institut français, au Maroc et au Liban, qui a donc organisé cette tournée levantine.
L'intérêt réciproque pour ces pays du Machrek et du Maghreb vient des influences du groupe et de son utilisation du violoncelle, instrument tempéré qui permet de jouer toutes les tonalités et qui donne aux compositions de KA des airs de musiques traditionnelles arabes.
Le KA de Djen
Les origines et influences des membres du groupe ne les prédisposaient pourtant pas à ce parcours. Car KA est un collectif organisé autour de Djen, violoncelliste moderne, poète urbain et slameur talentueux qui commence le slam chanté en 2012 seul, y ajoute une batterie en 2014 et décide de continuer en grosse formation en 2015. Désormais accompagné de 3 musiciens et d'un ingénieur du son, son modus operandi évolue et sa solitude d'écrivain fait maintenant place à un think tank musical où l'écriture se fait en groupe et les tournées en famille. La musique s'enrichit, devient plus éclectique, et à la présence évidente du violoncelle s'ajoutent des accents jazz apportés par le trio batterie-basse-guitare, et un format moins aride et plus pop, musique et texte.
Attablé autour d'un kahwé wassat au Café des Lettres, Djen confirme que le cœur du projet reste les découvertes, les rencontres, les voyages, les tournées en France ou à l'étranger et les dialogues avec d'autres musiciens. Car le slam ou poésie chantée (caractérisé par un rythme et une diction différents du chant) est un art encore peu connu, qui a vécu son heure de gloire et son entrée dans le grand monde avec Grand Corps Malade au milieu des années 2000 et sa poésie urbaine engagée, certes moquée, mais dont tout le monde se souvient. KA prend le slam là ou GCM l'a laissé et lui donne des atours plus accessibles. Il utilise une poésie plus introspective, avec une personnalité musicale très forte, tantôt légère, tantôt sauvage, toujours charnelle et ne laissant jamais indifférent. Les auditeurs assistent à un morceau de vie où l'émotion est toujours présente, ils sont emportés par l'énergie déployée, la force des morceaux, le lyrisme du violoncelle et la présence du charismatique chanteur Djen.
Le slam avait commencé dans les années 80 dans des petits clubs enfumés de Chicago, avec KA ; gageons qu'il deviendra rapidement un art qui parle à tout le monde.
Jeudi 10 mars à l'Espace des lettres de l'Institut français du Liban à 20h30, billets sur place.
Vendredi 11 mars à l'Institut français de Saïda à 20h.
Samedi 12 mars à l'Institut français de Tripoli à 16h.
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