La crise des déchets continue d'occuper la classe politique sans aucun résultat concret ni solution au niveau de ce dossier. Il y a certes désormais une sorte de prise de conscience au sein de la classe politique de l'urgence de trouver une solution à ce qui se présente comme la pire catastrophe environnementale de l'histoire du pays, puisque le ministre de la Santé Waël Bou Faour a déclaré à l'issue d'une réunion avec le président de la Chambre Nabih Berry que « si le dossier des déchets n'est pas résolu, il y va du sort du gouvernement ». Le ministre a ainsi affirmé que « nul n'ose imaginer le paysage apocalyptique si le gouvernement et les responsables de ce pays se déclarent incapables de résoudre cette crise (...) Il existe certes des efforts mais à l'heure qu'il est, il y a encore des obstacles qui n'ont pas pu être dépassés ». Il a relevé que sans solution rapide à cette crise, l'existence-même du gouvernement se trouvera menacée. Plus tôt dans la matinée, M. Bou Faour avait affirmé que l'absence de solution immédiate à la crise des déchets ne devait pas conduire les responsables à manquer à leurs responsabilités, soulignant que la situation catastrophique qui prévaut actuellement dans la zone où sont entreposés les déchets à La Quarantaine relève des prérogatives des ministères de l'Intérieur et de l'Environnement, et de la municipalité de Beyrouth, tout comme le fait de brûler les déchets à proximité des dépôts de carburant – comme c'est le cas à Bourj Hammoud – relève de la compétence du ministère de l'Intérieur ».
Le ministre d'État pour la Réforme administrative Nabil de Freige a abondé dans le même sens, estimant que sans solution à la crise des ordures, le pays se dirige vers « une explosion sociale » et que pour l'heure « rien n'est rassurant, sauf les progrès enregistrés sur le plan des dépotoirs et notamment celui de Bourj Hammoud ». Il a appelé dans ce contexte à « la coopération » pour pouvoir parvenir à une solution, avant de noter que les forces de l'ordre refusent d'imposer l'usage des dépotoirs par la force « si la décision n'est pas prise à l'unanimité » en Conseil des ministres.
De son côté, le ministre des Affaires sociales Rachid Derbas a affirmé que la crise des déchets est désormais un terrain propice aux tiraillements politiques, alors que le député Sélim Salhab a indiqué que ce sont « les influences politiques et financières qui empêchent de trouver une solution ». Quant au député Walid Khoury, il a relevé que la crise des déchets est un dossier lié à la corruption « par excellence ».
Joumblatt : Il n'y aura pas de dépotoir à l'Iqlim el-Kharroub
Pour sa part, le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt a affirmé sur son compte Twitter : « En guise d'information, il n'y a pas de projet de dépotoir dans l'Iqlim. » Dans le même temps, l'Union des municipalités d'Iqlim el-Kharroub du Nord a organisé dans la journée d'hier une manifestation en signe de protestation contre la proposition du gouvernement de créer un dépotoir dans la région. Quant au ministre de l'Agriculture Akram Chehayyeb, il a indiqué non sans un brin d'optimisme que « ce qui a été décidé en Conseil des ministres à l'égard du dossier des déchets va être mis en application avec la bénédiction de toutes les parties» .



L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef