La police turque a arrêté vendredi quatre hauts responsables de l'important conglomérat Boydak Holding, accusés d'avoir financé l'organisation de l'imam Fethullah Gülen, l'ennemi juré du président Recep Tayyip Erdogan, a rapporté l'agence de presse Dogan.
Le président du groupe, Haci Boydak, son directeur général Memduh Boydak et deux membres de son conseil d'administration, Erol Boydak et Murat Bozdag, ont été interpellés à leurs domiciles de Kayseri (centre) au petit matin et placés en garde à vue, selon Dogan.
Les policiers ont également perquisitionné le quartier général de l'entreprise, où ils ont saisi de nombreux documents et des disques durs d'ordinateurs, dans le cadre d'une enquête pour "terrorisme" ouverte par le procureur local, a précisé l'agence.
Ancien allié de M. Erdogan, M. Gülen, 74 ans, qui dirige depuis les Etats-Unis un puissant réseau d'écoles, d'ONG et d'entreprises, est devenu son "ennemi public numéro un" depuis un scandale provoqué fin 2013 par des allégations de corruption au sommet de l'Etat.
Le chef de l'Etat accuse le prédicateur d'être à l'origine de ces accusations et d'avoir mis en place un "Etat parallèle" destiné à le renverser, ce que les "gülenistes" nient.
Depuis maintenant plus de deux ans, les autorités turques ont multiplié les purges, notamment dans la police et le monde judiciaire, et les poursuites judiciaires contre les proches de la nébuleuse Gülen et ses intérêts financiers.
Au total, quelque 1.800 personnes soupçonnées d'appartenir aux réseaux gülenistes ont été arrêtées depuis, selon les médias proches du gouvernement.
Après le dixième réseau bancaire du pays, Asya Bank, la justice turque a mis en octobre sous tutelle la holding Koza-Ipek, propriétaire de deux quotidiens et de deux chaînes de télévision, aujourd'hui fermés, une mesure dénoncée comme une atteinte à la liberté de la presse par les détracteurs de M. Erdogan.
Boydak Holding emploie 13.000 salariés dans les secteur du meuble (sous les marques Istikbal et Bellona), de l'énergie, le textile ou la chimie et a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 6,8 milliards de livres turques (2,1 milliards d'euros), selon son site internet.
Sa forte expansion depuis l'arrivée au pouvoir du parti islamo-conservateur de M. Erdogan en 2002 en a fait un de ces "tigres anatoliens" souvent cités en exemple pour illustrer la forte croissance économique turque entre 2002 et 2011.
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Turquie: raid policier contre un conglomérat proche de l'ennemi juré d'Erdogan
AFP / le 04 mars 2016 à 13h38


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