Rechercher
Rechercher

Économie

France : la réforme-fantôme du marché du travail

S'il ne fallait retenir qu'une statistique pour illustrer la gravité du problème du chômage en France, nous choisirions la durée moyenne des inscriptions au chômage. Elle atteint désormais 574 jours, en hausse continue depuis huit ans. On voit là l'énorme perte de capital humain due au chômage de longue durée. Les causes du mal sont connues, les moyens d'y remédier aussi ; ils touchent à l'enseignement, à l'apprentissage, au poids des charges sur le salaire, au contrat de travail, etc.
La flexibilité du travail peut prendre deux formes, bonne ou mauvaise. La mauvaise est la situation actuelle, marquée par un usage intensif des contrats de courte durée. C'est le moyen que les entreprises ont trouvé pour avoir de la souplesse sur le temps de travail et s'abriter des contraintes lourdes en cas de licenciements. Cela crée de la précarité et aggrave la dualité du marché du travail en freinant la création d'emplois stables. Après la crise, l'intensité en emplois de la croissance a nettement baissé en France. À l'inverse, la bonne flexibilité vise à fluidifier le marché du travail, à l'entrée comme à la sortie, par exemple en simplifiant le droit du licenciement, en réduisant son coût, en facilitant les accords employeurs-salariés quitte à court-circuiter les syndicats (de toute façon très peu représentatifs en France). C'est l'idée du projet de réforme du code du travail. Nul ne peut prétendre que l'effet immédiat sera positif sur l'emploi, mais les expériences menées ailleurs, de l'Allemagne à l'Espagne ou l'Italie, donnent des signes encourageants.
Réformer un marché du travail sclérosé est difficile et long. Un gouvernement qui s'y hasarde prend deux risques. Comme cela fait des mécontents, il y a un coût politique. Par ailleurs, les bénéfices de la réforme risquent d'être ramassés par le successeur (cf. Schröder-Merkel). Aux dernières nouvelles, le gouvernement français a fait mine d'être audacieux, avant de reculer devant l'obstacle. Bref, il a totalement raté la pédagogie de cette réforme, ajoutant à l'immobilisme un coût politique très lourd.

Cet article est réalisé par Fidus

S'il ne fallait retenir qu'une statistique pour illustrer la gravité du problème du chômage en France, nous choisirions la durée moyenne des inscriptions au chômage. Elle atteint désormais 574 jours, en hausse continue depuis huit ans. On voit là l'énorme perte de capital humain due au chômage de longue durée. Les causes du mal sont connues, les moyens d'y remédier aussi ; ils touchent à l'enseignement, à l'apprentissage, au poids des charges sur le salaire, au contrat de travail, etc.La flexibilité du travail peut prendre deux formes, bonne ou mauvaise. La mauvaise est la situation actuelle, marquée par un usage intensif des contrats de courte durée. C'est le moyen que les entreprises ont trouvé pour avoir de la souplesse sur le temps de travail et s'abriter des contraintes lourdes en cas de licenciements. Cela crée de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut