Dossier spécial orientation professionnelle

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Pilote de ligne, une mission exigeante à tous points de vue

23/03/2016

« Le pilote de ligne est un métier que peu de gens connaissent, et, pourtant, il constitue un rêve d'enfant pour de nombreux jeunes. » C'est par ces mots que Mohammad Kheir Hassoun, chef des opérations à la Middle East Airlines (MEA), introduit ce métier qu'il chérit et qu'il exerce depuis de longues années.

« Dans ce métier, il n'y a pas de place à l'erreur, puisqu'il y va de la vie du pilote, de l'équipage et des passagers. C'est un métier très exigeant, qui nécessite un grand sens des responsabilités, d'où son encadrement par de nombreux garde-fous », poursuit-il Comme le fait d'être soumis tous les six mois à un examen médical complet pour s'assurer que le pilote est en bonne santé physique, psychique, morale et intellectuelle. Il doit aussi être testé régulièrement pour ses aptitudes scientifiques, techniques et professionnelles.
Le métier est accompagné de nombreux défis et contraintes sur les plans professionnel, familial et social. Sur le plan professionnel, le pilote de ligne est souvent appelé à travailler les jours fériés, les week-ends, et la nuit au moment où tout le monde dort. Il doit être capable de faire face à une urgence (un passager qui tombe malade, un incendie à bord de l'appareil, un moteur en panne...) à n'importe quel moment. « Nous apprenons au pilote à vérifier les faits avant de prendre une décision, qui doit par ailleurs être prise très rapidement », insiste Mohammad Hassoun. La vigilance est donc de mise.
Le métier peut aussi avoir un impact sur les relations sociales et familiales. « Il est très important que la famille du pilote de ligne soit bien consciente des exigences du métier. Malgré ces contraintes, le pilote peut toutefois bien s'organiser puisqu'il connaît ses horaires de travail un mois à l'avance », ajoute-t-il.

 

Les conditions de travail
Au Liban, la profession de pilote de ligne est définie par le décret présidentiel numéro 12044. Elle répond également aux lois et normes internationales. « Conformément à ces lois et normes, le pilote assure seize heures de service continu par journée de vingt-quatre heures. À la MEA, nous les avons ramenées à treize. Nous laissons le pilote décider s'il peut assurer les trois heures supplémentaires. Parallèlement, il doit se reposer au moins dix heures et demie entre deux rotations, même si le vol effectué était court (une demi-heure, par exemple), ou bien un nombre d'heures équivalent aux heures de service. Si, par exemple, le vol était de quinze heures, il doit se reposer quinze heures avant sa nouvelle mission », explique Mohammad Hassoun.
Et le responsable d'insister : « Le pilote doit être en forme sinon il ne peut pas prendre les commandes de l'avion. Lorsqu'il dit qu'il est prêt à le faire, cela veut dire qu'il est disposé sur les plans professionnel, physique et psychique à accomplir la mission conformément aux normes internationales. »

Aptitudes et compétences
Pour toutes ces raisons, tout le monde ne peut pas réaliser ce rêve d'enfant. « Nous recevons des centaines de candidatures, mais, à la fin, seules quelques dizaines de personnes sont sélectionnées », note Mohammad Hassoun. Et pour cause, puisque les critères de sélection sont très stricts.
Ainsi, à la MEA, le candidat, homme ou femme (la MEA compte parmi ses pilotes une femme), doit être déjà muni d'un diplôme universitaire de son choix. « Il est important que le candidat ait un certain niveau académique et la volonté d'apprendre une nouvelle science », souligne le chef des opérations à la MEA.
De plus, pour être sélectionné, le candidat doit être en bonne santé physique, morale et psychique. Il doit avoir une bonne ouïe et une bonne vue. Il doit être bon en mathématiques et en physique, il doit aussi maîtriser l'anglais « qui est la langue internationale de pilotage », comme il doit avoir un bon quotient d'intelligence, de bonnes capacités de raisonnement, oral et numérique, et être à la pointe de la technologie.
Une série d'examens médicaux approfondis, de tests d'aptitude cognitive, comportementale, etc. et d'entretiens est ainsi menée pour sélectionner les candidats. Ceux-ci sont par la suite mis dans un Space House à Londres où ils effectuent une autre série d'examens avant de poursuivre leurs études. « À la MEA, nous avons le programme "Cadet Pilot" dans le cadre duquel nous assurons la formation des candidats sélectionnés, puisque tous n'ont pas les moyens de payer les études qui sont assez coûteuses (environ 125 000 dollars). Ils rembourseront la compagnie lorsqu'ils commenceront à travailler », affirme Mohammad Hassoun.

 

Une formation continue
Les études s'étalent sur soixante-quatre semaines. Elles sont effectuées dans un centre en Espagne avec lequel la MEA collabore. Au terme de cette période, le candidat obtient son permis de pilotage. Il rentre au Liban où il suit une formation pour devenir copilote. « Une fois ce titre acquis, il doit assurer 5 000 heures de vol pour être élevé au grade de pilote. Après, il aura un délai de trois à six mois pour faire ses preuves », note le responsable.
Le pilote est bien rémunéré. Ainsi, à la MEA, il bénéficie d'un salaire de 5 000 dollars par mois, après les premières 1 000 heures de vol. Il ne doit pas cependant dormir sur ses lauriers. « Le permis de pilotage qu'il a obtenu n'est valable que pour une année, précise Mohammad Hassoun. Ce délai passé, il doit le renouveler et se soumettre à une série de tests à cet effet. À la MEA, nous leur en faisons passer tous les six mois. Il est donc inutile de se lancer dans cette formation, si on n'est pas sûr d'être embauché par une compagnie d'aviation. Par ailleurs, les pilotes suivent des formations de manière régulière d'autant qu'ils doivent maintenir le haut niveau de la profession. Dans le cas contraire, ils sont suspendus de leur travail. » Autant de raisons pour lesquelles le pilote ne cesse d'étudier tout au long de sa carrière.

 

 

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