Dossier spécial orientation professionnelle

Divers

Le parfumeur : passion, patience et un odorat très développé

Bien que le Liban ne soit pas traditionnellement un pays de parfum, l'intérêt, voire la passion, pour ce produit ne manque pas. Un parfumeur y trouve la possibilité de puiser dans un monde de senteurs, aux confins de l'Orient et de l'Occident, afin de réaliser des compositions remarquables, tenant toutefois compte des divers obstacles propres au métier.

23/03/2016

La mission du parfumeur
« Le parfumeur, appelé aussi "le nez", crée un parfum, de la même façon qu'un compositeur de musique crée une mélodie ou un peintre une toile. Il part de matières premières pour s'en servir comme support afin de composer une mélodie olfactive », explique Ludmila Lahlou Bitar, parfumeuse, cofondatrice et directrice de la création de la maison Ideo Parfumeurs, la seule dans ce domaine au Liban. Ainsi, un parfumeur exerce-t-il son métier d'une façon émotionnelle, s'exprimant à travers le parfum qu'il crée.
Au niveau du rythme, différentes sortes de tâches lui incombent, et ce depuis la conception du parfum jusqu'à la finalisation du produit. Ainsi, le matin constitue le moment propice à la composition. « Le parfumeur se lève tôt parce que le cerveau et le nez sont encore frais, il peut ainsi énormément créer l'avant-midi », révèle cette professionnelle du métier. Les après-midi sont, par contre, consacrés aux tâches administratives qui consistent notamment à noter des formules ou rédiger des correspondances avec des clients ou des fournisseurs. Le parfumeur tient aussi des réunions avec le reste de l'équipe et collabore avec la personne en charge du marketing ainsi qu'avec l'évaluateur.

 

Les difficultés
Tout d'abord, au niveau de la création du parfum, comme tous les fournisseurs sont en Europe, les approvisionnements sont lents, ce qui retarde le travail. De plus, la production au Liban reste difficile. « Il n'y a pas le savoir-faire. Près de 90 % de mes produits sont fabriqués à Grasse, en France, mais le savon est principalement produit ici », dévoile Ludmila Lahlou Bitar.
Ensuite, une fois le produit créé, se pose la difficulté de sa vente. Le Liban est un pays qui est plutôt orienté vers des marques bien établies et connues. « Il y a cinq ans, les gens ne comprenaient pas notre métier, mais ceci commence à changer, surtout avec le boom des allergies ou la mode du bio et de l'organique », raconte-t-elle. Ainsi, la grande compétition dans ce domaine, en plus des copies bas de gamme en provenance de Chine constituent une contrainte au niveau de la vente de produits locaux.

Les qualités requises
Force est de relever, d'entrée de jeu, qu'un parfumeur possède l'odorat développé, de même que le talent naturel d'identifier et de mélanger les essences.
De plus, quand on est dans ce métier, c'est surtout par vocation. « La première qualité requise, c'est la passion. Et lorsqu'on est passionné, on devient curieux, ce qui est indispensable pour un parfumeur », dit-elle. Selon la responsable, grâce à sa curiosité, le parfumeur se constitue une culture générale, s'intéresse à l'art et l'histoire des parfums, recherche de nouvelles expériences et se documente sur les nouvelles tendances de cette industrie. Cela stimule son imagination et sa créativité.
En effet, le parfumeur doit puiser son inspiration dans sa base de données ainsi que dans tout ce qui l'entoure, que ce soit un mot, une couleur, un événement ou un souvenir. Son odorat sera, ainsi, à l'affût des senteurs. « Il ira par exemple se promener dans les marchés, sentir les épices, les fruits, les légumes », pense cette parfumeuse. « Tel un sportif, le parfumeur doit s'entraîner tous les jours à reconnaître les matières premières pour ne pas les oublier », ajoute-t-elle.
Enrichissant sa panoplie de senteurs au quotidien, le parfumeur devrait ainsi se renouveler pour contrer la compétition sur le marché. Ainsi, selon Ludmila Lahlou Bitar, « un parfum doit être original et marquer les gens. Cela veut dire qu'il faut assembler une fragrance qui va être mémorable, chargée d'émotions, pour que les clients s'en souviennent et que ce ne soit pas un produit qui disparaisse au bout d'un an ».
Imaginer et créer un parfum requiert, enfin, de la patience et de la rigueur, ainsi que des connaissances, d'une part, en biologie et en chimie, et, d'autre part, dans les aspects légaux et techniques.

Les débouchés
Le diplômé doit débuter le plus tôt possible sa carrière, et ce en tant qu'évaluateur, collaborant avec un parfumeur.
Ensuite, un parfumeur peut travailler chez certaines grandes marques de parfum ou dans un groupe industriel, dans le domaine de l'agroalimentaire, les détergents, etc. Au Liban, très peu d'industries emploient des parfumeurs pour des raisons économiques.
Par ailleurs, un parfumeur peut être indépendant et fonder sa propre maison de création. Il crée sur commande, faisant parfois de l'ultra sur-mesure, dans le domaine de l'offre du très haut de gamme. Il réalise aussi des compositions libres. Ses fragrances peuvent être fabriquées en shampoing, bougie parfumée, parfum de lieu, entre autres, selon les besoins de son client.
Un parfumeur peut, en outre, très bien gagner sa vie. Il commence toujours par le bas de l'échelle, et, au fur et à mesure qu'il progresse, son salaire évolue.

 

Comment devenir parfumeur

La spécialisation n'existant pas au Liban, il va falloir étudier à l'étranger. Parmi les écoles les plus renommées à Paris, citons, entre autres, l'Isipca (Institut supérieur international du parfum, de la cosmétique et de l'aromatique alimentaire), l'école de référence, dont les tarifs varient entre 10 000 et 20 000 euros, selon le niveau d'étude et la spécialisation, ainsi que l'ESP (École du parfum à Paris) qui coûte à l'étudiant au total près de 30 mille euros sur cinq ans d'études.
Des formations plus ou moins courtes, ainsi que des stages dans des usines existent dans la ville de Grasse qui est la capitale historique du parfum.

 

 

 

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.