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Turquie : le signal d'une télévision prokurde accusée de "propagande terroriste" coupé à la demande des autorités

Une télévision privée turque prokurde, IMC TV, a annoncé samedi que les autorités ont ordonné à l'opérateur satellite Turksat de cesser de diffuser sa chaîne, pour avoir transmis de la "propagande terroriste". Cette demande a aussitôt été satisfaite, a indiqué IMC TV dans un communiqué. La chaîne ne peut plus être regardée que sur son site internet.

IMC TV est accusée par le parquet d'Ankara d'avoir "diffusé la propagande d'une organisation terroriste", ce qui en Turquie revient généralement à qualifier une couverture des événements jugée favorable au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit).

Mais IMC TV, fondée en 2011, a protesté en assurant qu'elle n'était liée "à aucun parti ou organisation". "Nous allons bien sûr utiliser toutes les ressources légales possibles pour nous défendre de ces accusations sans fondement", a souligné la chaîne.

Le directeur général de la chaîne, Eyup Burc, a précisé que la demande du parquet était illégale, car elle n'avait pas respecté la procédure qui aurait voulu qu'elle s'adresse à l'organisme de contrôle des médias, RTUK.

Les médias pro-kurdes font l'objet d'une surveillance accrue des autorités depuis que, mettant fin à une accalmie de deux ans, de violents combats opposent depuis l'été dernier les forces turques et le PKK dans le sud-est anatolien. Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement à l'automne 2012 pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002 est régulièrement montré du doigt par les ONG de défense des droits de l'homme et de la presse, qui lui reprochent ses pressions de plus en plus grandes sur les médias et l'accusent de vouloir museler la presse indépendante.

Depuis son élection à la présidence en 2014, Recep Tayyip Erdogan a aussi multiplié les poursuites pour "insultes", visant aussi bien artistes et journalistes que simples particuliers, un délit passible de quatre ans de prison.
Vendredi, deux journalistes turcs réputés, incarcérés depuis trois mois pour avoir fait état de livraisons d'armes d'Ankara à des rebelles islamistes en Syrie, ont été libérés de prison. Ils seront jugés lors d'un procès en mars et encourent la réclusion à vie.
La Turquie pointe à la 149e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), juste devant la Russie.

Une télévision privée turque prokurde, IMC TV, a annoncé samedi que les autorités ont ordonné à l'opérateur satellite Turksat de cesser de diffuser sa chaîne, pour avoir transmis de la "propagande terroriste". Cette demande a aussitôt été satisfaite, a indiqué IMC TV dans un communiqué. La chaîne ne peut plus être regardée que sur son site internet.IMC TV est accusée par le parquet d'Ankara d'avoir "diffusé la propagande d'une organisation terroriste", ce qui en Turquie revient généralement à qualifier une couverture des événements jugée favorable au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit).Mais IMC TV, fondée en 2011, a protesté en assurant qu'elle n'était liée "à aucun parti ou organisation". "Nous allons bien sûr utiliser toutes les ressources légales possibles pour nous défendre de ces...