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Moyen Orient et Monde - Société

Pourquoi le système de castes existe-il toujours dans l’Inde moderne ?

Communauté traditionnellement rurale, les Jat qui représentent 29 % de la population de l'État de Haryana ont souffert au cours des dernières années de la sécheresse et de la baisse des prix des récoltes. Photo AFP/STR

De nouvelles émeutes liées au système de castes ont frappé le nord de l'Inde hier, où douze personnes ont été tuées en trois jours dans l'État de Haryana. La crise, qui couvait depuis plusieurs jours, a dégénéré en violences en fin de semaine dans cet État voisin de la capitale. Douze personnes ont été tuées et 150 ont été blessées depuis vendredi, la police ayant ouvert le feu sur les émeutiers pour faire cesser les troubles, selon un responsable régional. Des milliers de soldats ont été dépêchés dès samedi, avec ordre de tirer à vue, au lendemain d'impressionnantes émeutes au cours desquelles des maisons et des gares ont été incendiées, des autoroutes bloquées. Retour sur ces événements en quelques questions.

Qui est derrière les violences ?
L'influente caste des Jat, la plus importante communauté de l'État de Haryana, voisin de New Delhi, qui compte environ huit millions de personnes et d'autres membres dans des États voisins. Communauté traditionnellement rurale, les Jat qui représentent 29 % de la population de l'État de Haryana ont souffert au cours des dernières années de la sécheresse et de la baisse des prix des récoltes. Ils ne sont pas le seul groupe à avoir mené de telles actions. L'an dernier, la caste relativement prospère des Patels (Patidars) des commerçants et propriétaires terriens avait organisé de violentes protestations dans l'État du Gujarat.

Que veulent-ils ?
Ils réclament des quotas d'emplois et de places universitaires réservés aux Jat, pour améliorer leurs conditions de vie. La loi prévoit de tels quotas réservés aux « dalits » (les intouchables) et d'autres castes défavorisées pour contrebalancer la discrimination historique dont ils souffrent. Les Jat de l'État de Haryana demandent d'être considérés officiellement parmi les « classes arriérées », ce qui leur garantirait des emplois très prisés dans la fonction publique et des places dans les universités.

Pourquoi cette flambée de violence ?
Les dirigeants des Jat menaçaient depuis des mois d'organiser des protestations, mais le parti au pouvoir dans l'État de Haryana, le Bharatiya Janata Party (BJP), semble avoir été pris par surprise par les violences. Le gouvernement de l'État de Haryana a accepté l'an dernier d'octroyer des quotas de 10 % aux Jat, selon la presse locale, mais la Cour suprême a suspendu cette décision en juillet. Depuis, la situation est tendue.

Pourquoi l'Inde a toujours des castes ?
Le système des castes est considéré comme une forme traditionnelle de discrimination qui n'a pas sa place dans l'Inde moderne, dont l'économie se développe rapidement. Ce système de castes, qui a empêché toute ascension sociale des « intouchables » Dalits et membres des autres groupes au bas de l'échelle, s'est beaucoup assoupli avec le temps. Narendra Modi, le fils d'un vendeur de thé devenu Premier ministre, en est une preuve. Mais la discrimination à l'égard des basses castes est toujours vive dans les régions sous-développées et rurales, où vivent plus de la moitié des Indiens.

Pourquoi le système de castes se maintient ?
Les quotas basés sur les castes, une question qui a longtemps été sensible en Inde, sont censés donner des chances égales aux plus pauvres et aux plus marginalisés dans la hiérarchie sociale complexe et enracinée de l'Inde. Mais près d'une personne sur quatre vit avec moins de 1,25 dollar par jour. Et le pays, dont la population devrait dépasser celle de la Chine dans une décennie, est confronté à des problèmes de chômage et de sous-emploi. Bien que le pays connaisse un taux de croissance de 7,3 %, les critiques estiment que ce n'est pas suffisant pour assurer des emplois aux millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Les emplois dans la fonction publique sont extrêmement prisés et attirent des milliers de candidats. Mais ceux qui n'y accèdent pas estiment que le système de quotas discrimine les personnes compétentes. Le système de quotas lui-même est mis en question, en raison du nombre de places allouées à chaque groupe, qui varie d'un État à l'autre. Les hommes politiques promettent souvent lors des campagnes électorales de revoir à la baisse le système de quotas ou d'inclure une caste en particulier dans ce système, pour recueillir des voix.
(Source : AFP)

De nouvelles émeutes liées au système de castes ont frappé le nord de l'Inde hier, où douze personnes ont été tuées en trois jours dans l'État de Haryana. La crise, qui couvait depuis plusieurs jours, a dégénéré en violences en fin de semaine dans cet État voisin de la capitale. Douze personnes ont été tuées et 150 ont été blessées depuis vendredi, la police ayant ouvert le feu sur les émeutiers pour faire cesser les troubles, selon un responsable régional. Des milliers de soldats ont été dépêchés dès samedi, avec ordre de tirer à vue, au lendemain d'impressionnantes émeutes au cours desquelles des maisons et des gares ont été incendiées, des autoroutes bloquées. Retour sur ces événements en quelques questions.
Qui est derrière les violences ?L'influente caste des Jat, la plus importante communauté...
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