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Économie

L’anticipation d’inflation du marché n’anticipe (presque) rien du tout

La prévision est un art difficile... surtout concernant l'avenir, dit une boutade, mais en matière d'inflation, la difficulté est démultipliée si l'on en croit la diversité des avis qui existent. La prévision des ménages n'est pas celle des marchés qui n'est pas celle des économistes. La seule prévision qui importe pour la Fed concerne le moyen terme, disons entre 3 et 10 ans. Primo, elle est normalement « pure » des perturbations de court terme, par exemple un choc pétrolier. Secundo, elle exprime une vue sur l'économie en situation d'équilibre/régime de croisière. Enfin, elle mesure la crédibilité de la politique monétaire. Le FOMC rappelle dans chaque communiqué l'importance d'avoir des anticipations ancrées sur la cible de la banque centrale, fixée à 2 %.
Y a-t-il matière à douter de cet ancrage ? Oui, si l'on en croit une – et une seule – de toutes les mesures d'inflation anticipée existantes, celle qui est tirée du marché des obligations indexées. Son niveau est très inférieur à la cible de 2 %. Il se situe même plus bas que durant la crise financière de 2008. Sa baisse est vertigineuse depuis la mi-2014. À première vue, cela suggère que le marché obligataire considère que la chute des prix du pétrole va tirer vers le bas de manière durable tous les autres prix et que la Fed sera impuissante à contrer ce mouvement.
Il y a deux problèmes avec cette conclusion. Le premier est que l'inflation anticipée par le marché s'est révélée être, dans l'histoire, la mesure la moins pertinente qui soit. Elle n'améliore jamais les modèles de prévision et produit souvent des erreurs de prévision plus grandes qu'une règle élémentaire. Le second problème est qu'en dépit de son nom, ce n'est pas une anticipation. Les titres indexés permettent d'acheter et de vendre des protections contre l'inflation. Cela reflète bien sûr pour partie une vue sur l'inflation future, mais aussi une prime de liquidité et divers facteurs techniques. La prime de liquidité est fortement corrélée avec le prix du pétrole. La publicité faite à la chute de l'inflation point mort n'est pas méritée et, pire, elle est trompeuse.

Cet article est réalisé par Fidus

La prévision est un art difficile... surtout concernant l'avenir, dit une boutade, mais en matière d'inflation, la difficulté est démultipliée si l'on en croit la diversité des avis qui existent. La prévision des ménages n'est pas celle des marchés qui n'est pas celle des économistes. La seule prévision qui importe pour la Fed concerne le moyen terme, disons entre 3 et 10 ans. Primo, elle est normalement « pure » des perturbations de court terme, par exemple un choc pétrolier. Secundo, elle exprime une vue sur l'économie en situation d'équilibre/régime de croisière. Enfin, elle mesure la crédibilité de la politique monétaire. Le FOMC rappelle dans chaque communiqué l'importance d'avoir des anticipations ancrées sur la cible de la banque centrale, fixée à 2 %.Y a-t-il matière à douter de cet ancrage ? Oui, si...
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