Les dirigeants européens, réunis jeudi et vendredi à Bruxelles, doivent une nouvelle fois mettre la pression sur la Turquie dans ses efforts pour maîtriser les flux migratoires qui ne tarissent pas depuis le début de l'année.
Si le sommet sera essentiellement consacré aux négociations sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, la question des migrants s'invite une nouvelle fois à la table des 28, avant de revenir au premier plan au prochain conseil européen à la mi-mars.
"On reste sur un rythme de 10 à 15.000 arrivées par semaine. On est loin de l'endiguement, a fortiori de l'arrêt des flux que certains appellent de leurs voeux", résumait récemment un diplomate européen.
Le constat que la crise migratoire ne faiblit pas, malgré le temps hivernal et les mesures prises dans l'urgence - après d'âpres négociations - à la fin 2015, inquiète.
En ligne de mire se trouve la Turquie, depuis laquelle le flux de migrants arrivant en Grèce "reste bien trop élevé", estiment les 28 chefs d'Etat et de gouvernement européens, selon le projet de conclusions du sommet que l'AFP a pu consulter.
Ce constat appelle à "des efforts supplémentaires, résolus de la part aussi de la Turquie", à mettre en oeuvre le plan d'action qu'elle a conclu à l'automne avec l'UE, est-il encore stipulé dans les conclusions du sommet.
La Commission européenne s'impatiente de voir les mesures qu'elle a proposées, et qui ont été acceptées par les Etats membres, mises en application. Son programme de répartition de 160.000 réfugiés depuis la Grèce et l'Italie n'a touché jusqu'à présent que quelques centaines de personnes.
D'autre part, les contrôles aux frontières se multiplient à l'intérieur même de l'espace de libre circulation de Schengen. L'Autriche a même décidé mercredi de limiter à 80 le nombre de demandeurs d'asile autorisés à entrer chaque jour sur son territoire.
"Je ne suis pas cette tendance vers plus de contrôles aux frontières, qui s'installe parce que nous n'avons pas d'approche européenne" à la crise, a déploré le président de la Commission Jean-Claude Juncker avant l'ouverture du sommet, promettant une discussion "amicale" avec le chancelier autrichien Werner Faymann jeudi après-midi.
De leur côté, les pays d'Europe centrale ont menacé de renforcer la protection de leurs frontières si le flot ne tarissait pas d'ici la mi-mars.
"Il sera clair que la Turquie manque à ses promesses et que nous aurons besoin d'un autre type de protection de la frontière européenne", a souligné le secrétaire d'Etat tchèque aux Affaires européennes Tomas Prouza à la veille du sommet.
Premier concerné, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a annulé sa visite prévue à Bruxelles en marge du sommet des 28 avec un groupe de 11 pays de l'UE, après un attentat sanglant à Ankara, les privant d'une "réunion franche" selon le mot d'une source européenne.
"Il n'y a pas de division entre plusieurs camps à ce sommet. Si les problèmes, les flux persistent en mars, alors nous aurons des tensions", a prédit un autre diplomate européen.
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Migrants : un sommet européen d'étape, la Turquie toujours sous pression
AFP / le 18 février 2016 à 16h45


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