Aritz Aduriz, l’attaquant basque de l’Athletic Bilbao. « Il a 35 ans, mais on ne dirait pas ! » a plaisanté Zinédine Zidane, l’entraîneur du Real Madrid. Curto de La Torre/AFP
À 35 ans, Aritz Aduriz n'a jamais autant marqué : comme le vin, l'attaquant basque s'est bonifié avec l'âge au sein de l'Athletic Bilbao, au point de pouvoir rêver de l'Euro 2016 avec l'Espagne. « Il a 35 ans, mais on ne dirait pas ! » a souri Zinédine Zidane, entraîneur du Real Madrid victorieux, samedi en Liga, de l'Athletic (4-2), mais malmené par l'avant-centre.
Cette saison, Aduriz compte déjà 25 buts toutes compétitions confondues, soit presque autant que sur l'ensemble de la précédente campagne (26 buts), la meilleure de sa carrière jusque-là. Difficile d'expliquer pourquoi ce buteur adroit et généreux (1,82 m et 78 kg), excellent joueur de tête, a dû attendre la trentaine pour atteindre l'apogée de sa carrière. « Je n'en sais rien, déclare l'intéressé. Je prends beaucoup de plaisir en m'entraînant tous les jours, en essayant de progresser et d'apprendre. J'adore jouer. »
Dès le mois d'août, Aduriz a lancé sa saison en fanfare en Supercoupe d'Espagne : face au grand FC Barcelone, champion d'Europe, il a inscrit un triplé retentissant à l'aller (4-0) puis un autre but au retour (1-1), offrant à l'Athletic son premier trophée depuis 31 ans. De quoi se rendre indispensable dans son club de cœur, qui l'avait pourtant contraint à deux reprises à l'exil ; d'abord à Burgos (D3) et Valladolid (D2) entre 2003 et 2005, puis à Majorque et Valence entre 2008 et 2012.
Un cas rare
Parti en pleurs en 2008, revenu en 2012 à 31 ans, Aduriz avait sans doute l'envie farouche de s'imposer enfin dans la « cathédrale » de San Mames. D'où, peut-être, cet épanouissement tardif et cette « saison extraordinaire » selon les mots de son entraîneur, Ernesto Valverde. « C'est un cas rare et nous espérons que cela va se prolonger, a commenté le technicien. Cela s'explique par son investissement et son professionnalisme. Et aussi par cette confiance qu'il a ; à chaque ballon qui traîne près de la surface, nous devinons tous qu'il va être non loin de là pour marquer. »
Auteur de 13 buts en 24 journées de Liga cette saison, Aduriz semble en progression constante : 14 buts en championnat en 2012-2013, 16 en 2013-2014 et 18 l'an dernier. Grâce au joueur, sous contrat jusqu'en 2017, l'Athletic pointe à la 7e place en Liga et peut viser une qualification européenne. Et avec 6 buts en 8 matches d'Europa League, le Basque semble la principale menace pour la défense marseillaise, ce soir au stade Vélodrome.
La France, Aduriz espère aussi la revoir cet été à l'occasion de l'Euro 2016 (10 juin-10 juillet). Même s'il ne compte qu'une seule sélection avec l'Espagne, en 2010, l'avant-centre figure parmi les candidats à ce poste sans titulaire indiscutable en sélection. « Il joue de manière incroyable, a reconnu le sélectionneur Vicente del Bosque. S'il garde cette forme à mesure qu'approche l'Euro, nous en tiendrons compte. » L'âge du Basque n'en fait pas un favori face à Diego Costa (27 ans), Paco Alcacer (22 ans) ou Alvaro Morata (23 ans), et Aritz Aduriz le sait : « Il y a beaucoup de choses à bien faire pour atteindre cet objectif. La route est encore longue », a philosophé l'expérimenté attaquant.
Jean DECOTTE/AFP

