En 1539, François Ier instaurait en France, par l'édit de Villers-Cotterets, le français comme langue officielle à la place du latin. Il facilitait ainsi beaucoup de choses notamment au niveau de la paperasse administrative et autres documents dans lesquels on se perd encore de nos jours. 477 ans plus tard, feu Son Altesse roi des Français doit se retourner dans sa tombe.
À cause d'une langue devenue soi-disant trop lourde à supporter pour les générations futures (on avait déjà l'environnement, le climat, les politiques préparées pour les 20 ans à venir), les grands grammairiens ont décidé de leur faciliter la tâche pour les encourager (peut-être !) à mieux écrire.
Il est vrai qu'avec le SMS, les phrases étaient devenues des onomatopées. Avec le créateur de la génialissime application WhatsApp, elles sont devenues des émoticones. Encore que, au fil des ans, il y a eu une adaptation pour les pays avec le correcteur automatique, ce qui est quand même assez louable pour ce virtuose des logarithmes qui a fait de son application un outil planétaire indispensable pour tous ceux qui ont la flemme d'entrer sur l'icône SMS (souvent mise, en concurrente déloyale, juste à côté de l'autre d'ailleurs). Mais je ne suis pas là pour faire l'apologie de cette création du millénaire.
Eh bien non ! Maintenant, ils ont trouvé un moyen encore plus simple de régler la vie des générations futures. C'est simple comme bonjour. On élimine les accents circonflexes (jusque-là, ça va, ce n'est pas une grande perte. Quoique...) et les traits d'union. Personnellement, je ne vois pas en quoi les traits d'union peuvent gêner les enfants. Car en plus, on appelle ça simplifier la langue française pour la rendre plus intelligible. Plus quoi ? Intelligible?
Il est vrai que, pour encourager les jeunes à aimer la langue, il faudrait déjà leur expliquer que le concept de lecture (s'il existe encore) ne s'arrête pas quand on a décroché le bac, fameux sésame pour les facultés. Car pour comprendre une langue (avec ou sans ses accents), il faut avoir lu, beaucoup lu. Malheureusement, l'éducation à la lecture ne se fait plus. Évidemment, quand je dis lecture, je renvoie à prendre un bon livre et lire, pas se mettre sur Internet et scruter jusqu'à épuisement de la rétine des e-books, même si au final le résultat est quasiment le même. Loin de moi l'idée de critiquer les valeurs éducatives et pédagogiques de l'éducation nationale, mais le constat est flagrant avec les générations montantes et le problème ne fait qu'empirer.
Bref, les grammairiens veulent nous voler notre français, le vrai, le pur. Et je me demande comment les professeurs ne se sont pas insurgés sur cet état des choses quelque peu calamiteux.
Bref, maintenant où va-t-on ? On annihile la langue et on lui fait perdre de son essence, de sa vigueur et de sa beauté. Enfin, il vrai qu'un mot comme benêt, avec ou sans accent circonflexe, gardera encore son sens premier (à moins de lui donner un sens argotique déplorable). Mais si c'est ce que veulent les grands pontes, faudra-t-il pour autant s'incliner ?
Nous en sommes encore aux prémices d'une telle décision mais il faut bouger et nous, au Liban, sommes restés les fermes et fiers défenseurs de la langue de Molière, du moins à ma connaissance. C'est pour cela qu'il faut essayer de s'enhardir et stopper l'effondrement des belles paroles et des beaux mots, du moins à notre échelle...
Jean-Paul MOUBARAK


En lisant votre article publié dans la rubrique " courrier lecteur " du journal de l'Orient le Jour d'aujourd'hui,, cher Monsieur, une phrase attire mon attention : " .....l'éducation á la lecture ne se fait pas . Quand je dis lecture je renvoie á prendre un bon livre , et lire, pas se mettre sur Internet ..." Vous avez raison de vous révolter de cette façon M. Moubarak : j'ai l'impression que vous vous intéressez á la culture et á la francophonie qui est la langue de Molière par excellence .Je suis avec vous : personnellement je suis partisante . Nous oublions que le Liban est un pays francophone !!!! Je rappelle que les nous les libanais nous écrivons le bon français ( On écrivait le bon français dans le temps avant l'Internet et l'américanisation du monde !!) C'est bien dommage de dire que nous ne possédons plus cette langue correctement .Dommage parce que la culture du livre n'existe plus de nos jours : cette culture basée sur la transmission du savoir et des valeurs . C'est le siècle de la culture du web transformant l'Homme en robot : ce sont les performances technologiques qui satisfont les besoins de l'Homme le transformant en automate . C'est le monde de la machination , du théâtralisme où il s'agit de " faire comme " . Imitation, apparences, savoir -faire artificiel et sophistiqué . Où allons-nous dans ce brouhaha ? Lá la question qui demeure jusqu’à maintenant sans réponse . Nada Wehbé CLUB-MAMANS
18 h 18, le 18 février 2016