Le Parlement turc a encore échoué à s'entendre sur une réforme de la Constitution en raison du refus par l'opposition de la présidentialisation du régime exigée par le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan, qui a proposé mercredi d'en appeler aux électeurs.
Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) a claqué la porte mardi soir de la commission chargée de plancher sur une nouvelle loi fondamentale. "Nous ne pouvons pas participer à une instance qui n'est en fait qu'une succursale de la campagne pour la présidentialisation du régime menée par l'AKP (Parti de la justice et du développement, au pouvoir) et le président", a justifié un élu du CHP, Bülent Tezcan, à l'issue de la troisième réunion de la commission.
Faute de consensus, le président du Parlement, Ismail Kahraman, a prononcé dans la foulée la dissolution de cette instance, composée de 12 élus des quatre partis représentés à l'Assemblée, qui avait entamé ses travaux le 3 février.
En 2013 déjà, le Parlement n'avait pas réussi à rédiger une nouvelle Constitution pour remplacer celle héritée de la junte militaire après le putsch de 1980. Le Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu a exhorté mercredi "tous les partis d'opposition" à revenir à la table des discussions. "Il est de notre devoir de trouver un compromis (...) sans aucune précondition", a-t-il estimé lors d'un discours, en promettant que son parti restait ouvert à la discussion. Lors d'une conférence de presse, M. Kahraman a lui aussi prié les partis de reprendre les discussions, estimant qu'"une nouvelle Constitution est toujours faisable".
Depuis son élection à la tête de l'Etat en 2014 M. Erdogan, qui a dirigé auparavant le gouvernement pendant onze ans, milite avec insistance pour une présidentialisation du système politique turc, qui accorde au Premier ministre l'essentiel du pouvoir exécutif. Mais ses rivaux refusent catégoriquement de graver dans le marbre constitutionnel le renforcement des pouvoirs d'un homme qu'ils accusent déjà de dérive autoritaire.
Mercredi, le président a suggéré de faire trancher la question par les électeurs. "Que la Nation décide et qu'on s'en remette au choix qu'elle aura fait", a lancé M. Erdogan lors d'un discours devant des préfets. "Si ma Nation ne veut pas du régime présidentiel, alors nous n'irons pas contre sa volonté. (...) C'est aussi simple que ça", a-t-il poursuivi, sans préciser toutefois de quelle façon il voulait la consulter.
Le parti du président (AKP) a remporté la majorité absolue lors du scrutin législatif du 1er novembre. Mais avec 317 des 550 sièges de députés, il ne détient pas la majorité qualifiée nécessaire pour organiser seul un référendum (330) ou encore faire voter une réforme constitutionnelle (367).
Selon les commentateurs, l'homme fort du pays pourrait se servir de cet nouvel échec pour reconvoquer des élections législatives dans le courant de l'année.
Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) a claqué la porte mardi soir de la commission chargée de plancher sur une nouvelle loi fondamentale. "Nous ne pouvons pas participer à une instance qui n'est en fait qu'une succursale de la campagne pour la présidentialisation du régime menée par l'AKP (Parti de la justice et du développement, au pouvoir) et le président", a justifié un élu du CHP, Bülent Tezcan, à l'issue de la troisième réunion de la commission.Faute de consensus, le président du Parlement, Ismail Kahraman, a prononcé dans la foulée la...


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