Des rencontres sont prévues aujourd'hui à Bruxelles au siège de la Commission européenne entre le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil et la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini afin de discuter de la situation qui prévaut au Liban à l'aune de la crise en Syrie. M. Bassil sera ensuite invité à un déjeuner de travail pendant lequel il répondra aux questions de ses homologues européens et examinera le dossier des aides que l'Union européenne est susceptible de débloquer pour soutenir le Liban dans ce contexte, notamment au regard du fardeau auquel le pays fait face quant à l'afflux considérable des réfugiés syriens. Il s'agira donc pour l'Union européenne de soutenir le Liban sur les plans humanitaire, sanitaire et éducationnel, mais aussi de l'aider à contrer l'infiltration de terroristes parmi la population des réfugiés, et c'est précisément ces points-là qui seront discutés à Bruxelles aujourd'hui.
La tournée européenne du ministre des AE se poursuit donc, puisque après Munich où il a pris part à la conférence sur la sécurité aux côtés du Premier ministre Tammam Salam, il bouclera ses discussions à Bruxelles ce soir pour se rendre demain au Vatican.
Salam à Munich
De son côté, Tammam Salam a dressé hier à Munich un tableau noir de la situation au Moyen-Orient. « La situation dans la région est marquée par de graves troubles en raison de l'absence de volonté de la part des grandes puissances de trouver des solutions définitives aux crises actuelles, notamment en Syrie », a estimé M. Salam. « Ce que nous avons entendu à propos de la Syrie hier à Munich montre clairement que la situation ne fera qu'empirer », a ajouté le chef du gouvernement.
Abordant la question des réfugiés en Europe, M. Salam a estimé que « si le Vieux Continent avait déployé davantage d'efforts politiques et diplomatiques il y a deux ou trois ans en vue de régler la crise syrienne, nous n'en serions pas là aujourd'hui ». Il a également déploré « que les pays donateurs ne tiennent pas toujours leurs promesses concernant les aides promises au Liban », qui accueille plus de 1,2 million de réfugiés syriens.
Avant de rentrer à Beyrouth en soirée, M. Salam s'est entretenu avec son homologue français Manuel Valls, le président polonais Andrzej Duda et la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen.

