La Turquie et Israël ont engagé une nouvelle et discrète session de négociations à Genève pour tenter de normaliser leurs relations, ouvertement en crise depuis 2010, a rapporté la chaîne d'information turque NTV.
Ces discussions à huis clos, conduites par le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères turc Feridun Sinirlioglu et le conseiller israélien en charge des affaires de sécurité Jacob Nagel et un autre conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Joseph Ciechanover, ont débuté mercredi soir, a précisé NTV.
Interrogés par l'AFP, des responsables israéliens n'ont fait aucun commentaire et le ministère turc des Affaires étrangères a refusé de confirmer ou démentir ces informations.
Les relations entre les deux pays se sont brutalement détériorées après l'assaut des forces israéliennes contre une flottille turque à destination de Gaza en 2010, au cours duquel dix Turcs avaient été tués.
Après plusieurs années d'un froid polaire, nourri par une série de violentes déclarations anti-israéliennes de l'actuel président turc Recep Tayyip Erdogan, les liens entre les deux pays se sont réchauffés et ont permis des discussions en Suisse en décembre.
La Turquie a posé trois conditions à une normalisation: des excuses publiques pour l'incident de 2010, des compensations financières pour les victimes et la levée du blocus imposé par Israël à Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste palestinien Hamas.
L'Etat hébreu a présenté des excuses et le principe d'une indemnisation semble acquis mais les positions des deux parties semblent inconciliables sur le blocus de Gaza.
Sans confirmer la nouvelle session en cours à Genève, le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, a indiqué jeudi que les discussions "avancent bien". Mais il a souligné l'importance pour Israël de satisfaire toutes les exigences turques. "Les détails sont très importants", a-t-il dit devant la presse.
Dans son édition de jeudi, le quotidien israélien Haaretz a rapporté que le ministre de la Défense de l'Etat hébreu, Moshe Yaalon, exigeait dans le cadre des discussions le retour des corps de deux soldats tués à Gaza pendant l'été 2014.
Les analystes suggèrent que le désir de rapprochement manifesté par Ankara a été accéléré par la crise diplomatique qui affecte ses relations avec la Russie, avec un intérêt particulier pour les réserves de gaz israéliennes.
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Israël et la Turquie à nouveau en discussion pour normaliser leur relations (média)
AFP / le 11 février 2016 à 17h20


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